BANIAKA, JUSQU’À 40 MILLIARDS DE FCFA PAR AN POUR L’ÉTAT GABONAIS
Ce protocole d’entente ne mettra pas un franc dans les caisses du Trésor public dans l’immédiat, il porte sur la logistique, pas sur la production. Mais il pose une pièce essentielle du dispositif qui doit permettre, à terme, d’exporter le minerai. Sur la base des données disponibles, TV+ Afrique évalue à environ 40 milliards de FCFA par an les recettes que l’État gabonais pourrait tirer de la première phase du projet.
D’où vient ce chiffre ?
Tout part du volume de production. Genmin table sur une capacité initiale de 5 millions de tonnes de minerai de fer par an, avec l’ambition de monter progressivement jusqu’à 10 millions de tonnes.
En prenant un prix international autour de 95 dollars la tonne pour du fer à 62 % Fe, la vente de 5 millions de tonnes représenterait un chiffre d’affaires annuel de près de 475 millions de dollars, soit environ 270 milliards de FCFA au taux de change actuel. Ce montant, il faut le préciser, ne correspond pas à une recette publique, c’est la valeur théorique du minerai vendu, pas ce que touche l’État.
La première recette identifiable pour le Trésor est la redevance minière, fixée à 5 % dans les conditions du projet. Appliquée aux 270 milliards de FCFA de ventes, elle représenterait près de 13,5 milliards de FCFA par an.
Vient ensuite l’impôt sur les bénéfices, plus difficile à estimer. Les études économiques menées sur Baniaka évaluaient jusqu’ici le coût complet d’exploitation autour de 67 dollars la tonne. Avec un minerai vendu à 95 dollars, la marge tourne donc autour de 28 dollars par tonne soit, sur 5 millions de tonnes, environ 140 millions de dollars, ou 80 milliards de FCFA, avant prise en compte des charges financières, comptables et fiscales.
En appliquant un taux d’impôt sur les sociétés de 35 %, la contribution fiscale théorique pourrait approcher 28 milliards de FCFA. Dans les faits, ce montant sera vraisemblablement plus faible les premières années, le temps que le projet absorbe amortissements, investissements et frais financiers sans compter d’éventuels dispositifs fiscaux incitatifs propres au secteur minier.
S’ajoute à cela la participation gratuite de 10 % que détient l’État gabonais dans le projet. Elle ouvre droit à des dividendes, mais seulement une fois l’exploitation rentable et des distributions décidées donc pas avant plusieurs années d’exploitation, dans le meilleur des cas.
C’est l’addition de ces éléments, pondérée plutôt qu’accumulée mécaniquement, qui amène TV+ Afrique à retenir un ordre de grandeur d’environ 40 milliards de FCFA par an, et non un cumul optimiste de tous les maximums théoriques.
Trois variables restent déterminantes pour la suite, le prix international du fer, le coût réel d’exploitation et le volume effectivement exporté. Si Baniaka atteint son objectif de 10 millions de tonnes annuelles, à prix et rentabilité comparables, les recettes publiques pourraient doubler, pour approcher 80 milliards de FCFA par an.
L’accord avec NORDEN doit donc se lire comme un maillon de la chaîne, pas comme une source de revenus en soi, il ne rapporte rien directement à l’État, mais il rend possible l’exportation dont dépendent, in fine, ces recettes.