CUISIN’OR : APRÈS LE SCANDALE, LA CONFIANCE DES CONSOMMATEURS MISE À L’ÉPREUVE
Plus de deux semaines après la diffusion d’une vidéo virale faisant état d’un réseau présumé de reconditionnement frauduleux d’huile alimentaire vendue sous la marque Cuisin’Or, la méfiance reste perceptible chez de nombreux consommateurs du Grand Libreville.
Si le produit continue d’être acheté, notamment en raison de son prix jugé accessible, les habitudes ont toutefois évolué. Plusieurs consommateurs disent désormais privilégier les grandes surfaces et les circuits de distribution qu’ils considèrent comme plus fiables.
Des consommateurs désormais plus vigilants
Dans les marchés, les boutiques et les grandes surfaces de Libreville et ses environs, le constat est relativement similaire : la consommation de Cuisin’Or n’a pas totalement cessé, mais la confiance a été fragilisée.
Triphène Mabondjo O., jeune pâtissière, explique ainsi préférer désormais acheter son huile dans les grandes surfaces. Marlyse O. N. affirme, de son côté, accorder davantage d’attention à l’origine des produits avant de les acheter.
D’autres consommateurs n’ont toutefois pas modifié leurs habitudes. Gregg Jéril Boulingui, enseignant, estime notamment que les magasins reconnus présentent davantage de garanties, notamment grâce à leurs fournisseurs.
Des ventes qui résistent malgré les inquiétudes
Dans certains commerces du Grand Libreville, le scandale semble avoir eu un impact limité sur la demande. À Akanda, une supérette située au Delta postal était récemment en rupture de stock de Cuisin’Or, alors que plusieurs clients continuaient de rechercher le produit.
À Owendo, un commerçant reconnaît toutefois avoir enregistré un ralentissement des ventes depuis la diffusion de la vidéo. À Nzeng-Ayong, d’autres détaillants continuent de commercialiser cette huile, considérée comme abordable par de nombreux ménages.
Une situation qui montre que, malgré les doutes, le prix demeure un facteur déterminant dans les choix des consommateurs.
Olam Palm Gabon veut rassurer
Face aux inquiétudes, Olam Palm Gabon a assuré, dans un communiqué publié le 22 juillet 2026, que l’huile produite dans sa raffinerie de Lambaréné respecte les normes de sécurité alimentaire et est certifiée ISO 22000.
L’entreprise rappelle également que ses bouteilles disposent de plusieurs éléments permettant leur authentification, notamment des bouchons sécurisés, des bagues d’inviolabilité, des étiquettes officielles et des informations relatives à la traçabilité.
Olam Palm Gabon indique par ailleurs collaborer avec la Direction générale de la Concurrence, de la Consommation et de la Répression des fraudes (DGCCRF) ainsi qu’avec l’Agence gabonaise de sécurité alimentaire (Agasa) pour renforcer le contrôle de son circuit de distribution. Une plainte aurait également été déposée afin de permettre l’identification des auteurs des faits dénoncés.
La confiance reste à reconstruire
Ces garanties contribuent à rassurer une partie des consommateurs, sans pour autant faire disparaître toutes les interrogations. Beaucoup continuent d’acheter Cuisin’Or, mais avec davantage de précautions.
Certains vérifient désormais plus attentivement l’emballage, les éléments d’authentification et les informations de traçabilité avant l’achat. D’autres privilégient les grandes surfaces, perçues comme des circuits de distribution plus sûrs.
Au-delà du cas Cuisin’Or, cette affaire relance surtout le débat sur l’efficacité des contrôles du marché et sur les moyens mis en œuvre pour empêcher les produits frauduleux d’atteindre les consommateurs.