EBOLA, UNE ÉPIDÉMIE QUI ÉLOIGNE LES PATIENTS DES HÔPITAUX
Alors que la République démocratique du Congo fait face à sa 17ᵉ épidémie d’Ebola, une nouvelle menace inquiète les autorités sanitaires : la méfiance grandissante des populations envers les structures de santé. Dans les zones les plus touchées, la peur d’être contaminé pousse de nombreux habitants à renoncer aux soins essentiels, aggravant les conséquences d’une crise déjà meurtrière.
La défiance sanitaire gagne du terrain en Ituri
Dans la province de l’Ituri, principal foyer de l’épidémie, la fréquentation des services de santé a fortement diminué. Entre avril et juin 2026, les recours aux soins ont chuté de 42 %, selon des données relayées par l’UNICEF.
Cette baisse concerne aussi bien les consultations médicales que les accouchements en milieu hospitalier et les campagnes de vaccination. Beaucoup de patients craignent désormais de fréquenter des établissements où sont pris en charge des malades atteints d’Ebola.
À l’hôpital Bigo de Bunia, les soignants constatent directement les effets de cette peur. La prise en charge de plusieurs cas d’Ebola, parfois suivie de décès, a renforcé la méfiance d’une partie de la population envers les structures sanitaires.
Des soignants longtemps exposés sans protection suffisante
Au-delà de la peur des patients, les professionnels de santé ont eux-mêmes été confrontés à d’importantes difficultés. Le manque d’équipements de protection individuelle a longtemps alimenté l’inquiétude du personnel médical.
La distribution récente de kits de prévention et de contrôle des infections devrait toutefois permettre aux équipes de travailler dans de meilleures conditions et de rassurer les communautés.
Une riposte sous pression face à une épidémie meurtrière
Déclarée le 15 mai 2026, cette nouvelle flambée d’Ebola a déjà enregistré 3 874 cas confirmés, dont 1 751 décès, selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS). Près de 90 % des cas ont été recensés en Ituri, une région où les infrastructures sanitaires restent limitées et où l’insécurité complique les opérations de terrain.
Face à l’évolution de la situation, l’OMS appelle à renforcer rapidement la surveillance, l’accès aux soins, la protection des agents de santé et les dispositifs d’enterrement sécurisé.
De nouveaux moyens pour renforcer la lutte
Pour améliorer la prise en charge, un centre de traitement Ebola d’une capacité de 100 lits a récemment ouvert à Bunia. Les États-Unis ont également annoncé une aide supplémentaire de plus de 242 millions de dollars, portant leur soutien total à plus de 500 millions de dollars.
En parallèle, des recherches se poursuivent pour développer des solutions médicales adaptées à la souche Bundibugyo du virus, responsable de cette épidémie. Plusieurs vaccins expérimentaux et traitements sont actuellement évalués.
La bataille contre Ebola passe aussi par la confiance
Au-delà des moyens médicaux, le principal défi reste désormais de restaurer la confiance entre les populations et le système de santé. Car en évitant les hôpitaux par peur du virus, de nombreux habitants risquent de souffrir de maladies qui auraient pu être prises en charge à temps.
Dans cette épidémie, la lutte contre Ebola ne se joue donc pas uniquement dans les centres de traitement : elle se joue aussi dans la capacité des autorités à rassurer une population fragilisée par la peur.