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DIOMAYE À BAMAKO

DIOMAYE À BAMAKO
Diomaye Faye, président CEDEAO, visite le Mali pour dialoguer avec Goïta.

Le président sénégalais Bassirou Diomaye Faye effectue, ce mardi 28 juillet, une visite de travail à Bamako, où il doit s'entretenir avec le président de la transition malienne, le général Assimi Goïta. Ce déplacement, le deuxième du chef de l'État sénégalais au Mali depuis son élection, revêt une portée particulière. Il s'agit de sa première mission officielle depuis son accession, le 19 juillet dernier, à la présidence en exercice de la Communauté économique des États de l'Afrique de l'Ouest (CEDEAO).


Au-delà des relations bilatérales entre Dakar et Bamako, cette visite est perçue comme une étape importante dans les efforts visant à renouer le dialogue entre la CEDEAO et la Confédération des États du Sahel (AES), composée du Mali, du Burkina Faso et du Niger.


Une visite sous le signe du dialogue régional


Bassirou Diomaye Faye se rend à Bamako avec une double responsabilité. Celle de président du Sénégal et celle de président en exercice de la CEDEAO. Selon la présidence sénégalaise, les échanges avec Assimi Goïta porteront principalement sur l'avenir des relations entre l'organisation régionale et l'AES, créée après le retrait du Mali, du Burkina Faso et du Niger de la CEDEAO.


Les discussions s'inscrivent dans le cadre de la médiation confiée depuis mars à l'ancien Premier ministre guinéen Lansana Kouyaté. Malgré plusieurs mois de négociations, aucun accord définitif n'a encore été trouvé sur les modalités d'une coopération future entre les deux blocs.


Cette visite constitue également un symbole fort. Pour la première fois depuis la création de l'Alliance des États du Sahel, un président en exercice de la CEDEAO se rend officiellement dans l'un des pays membres de cette confédération.


Un rapprochement attendu


L'objectif affiché est de préserver les acquis de l'intégration régionale malgré la rupture institutionnelle. Selon plusieurs médias sénégalais, les discussions devraient notamment porter sur la libre circulation des personnes et des marchandises, la gestion des infrastructures communes ainsi que le renforcement de la coopération en matière de lutte contre le terrorisme.


Pour de nombreux observateurs, cette rencontre pourrait contribuer à réduire les tensions qui se sont installées entre la CEDEAO et les autorités des pays sahéliens depuis leur départ de l'organisation régionale.


Des enjeux économiques majeurs


Au-delà des questions diplomatiques, la coopération économique figure également au cœur de cette visite. L'axe routier reliant Dakar à Bamako demeure l'un des principaux corridors commerciaux du Mali et un maillon essentiel pour son approvisionnement.


Selon la Banque centrale des États de l'Afrique de l'Ouest (BCEAO), cette route est stratégique pour les échanges entre les deux pays. Elle a toutefois été fortement perturbée ces derniers mois par la recrudescence des attaques jihadistes visant les convois de marchandises. En mai dernier, cette insécurité avait conduit les transporteurs sénégalais à suspendre temporairement leurs rotations.


La sécurisation de ce corridor devrait ainsi figurer parmi les sujets prioritaires des discussions entre les deux dirigeants.


Une relation déjà amorcée


Il s'agit de la deuxième visite de Bassirou Diomaye Faye au Mali. Le président sénégalais s'était rendu à Bamako dès le 30 mai 2024, quelques semaines après son investiture, pour rencontrer Assimi Goïta et plaider en faveur d'un maintien du dialogue entre la CEDEAO et les pays sahéliens.


Son Premier ministre, Ousmane Sonko, avait lui aussi effectué un déplacement dans la capitale malienne en août 2024.


En revenant à Bamako, cette fois en qualité de président de la CEDEAO, Bassirou Diomaye Faye confirme sa volonté de privilégier le dialogue et la concertation. Cette visite pourrait marquer une nouvelle étape dans les relations entre la CEDEAO et l'Alliance des États du Sahel, alors que les deux blocs cherchent encore les bases d'une coopération durable au service de la stabilité et de l'intégration régionale.


 


 


 

Par Pamphil

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