GABON : CIBLE CONTREFAÇON
L'alimentation, nouvelle cible des faussaires
Le 22 juillet dernier, les forces de l'ordre ont démantelé à Libreville une unité clandestine spécialisée dans le reconditionnement d'huile alimentaire. Les faussaires remplissaient des bidons commercialisés sous la marque Cuisi'Or, propriété d'Olam Palm Gabon. Cette activité illégale expose les consommateurs à des risques sanitaires et remet en cause la qualité des produits mis sur le marché.
Quelques semaines plus tôt, en juin, la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes avait procédé à l'incinération de 11 tonnes de lait infantile falsifié, saisies auprès de commerçants. Destinés à la consommation des nourrissons, ces produits représentaient un grave danger pour la santé publique.
L'exploitation minière clandestine dans le viseur
Le secteur minier est également confronté à l'expansion de ces réseaux. Le 23 juin 2026, le ministère des Mines a suspendu les activités d'exploitation artisanale sur l'ensemble du territoire à la suite d'une opération conjointe menée avec les forces de défense dans la province de la Nyanga. Cette intervention a permis de démanteler plusieurs sites d'exploitation illégale.
Quelques jours auparavant, l'opération EKURA, menée du 15 au 19 juin, avait ciblé un site aurifère à Punga. Les autorités y ont découvert une exploitation quasi industrielle animée par un réseau sino-africain. Le bilan fait état de 55 interpellations ainsi que de la saisie d'importants équipements d'extraction.
D'autres interventions ont ensuite été conduites à Mindoumou, dans le Haut-Ogooué, dans l'Ogooué-Ivindo et plus récemment à Mayumba, illustrant l'implantation de réseaux organisés dans plusieurs provinces du pays.
Un défi majeur pour les autorités
La répétition de ces affaires montre que les filières de fraude demeurent actives malgré les actions engagées par les autorités. Elles touchent aussi bien les produits de consommation que les ressources naturelles et alimentent une économie parallèle aux lourdes conséquences économiques, sanitaires et environnementales.
Face à cette situation, le renforcement des contrôles aux frontières terrestres, maritimes, aériennes et ferroviaires apparaît comme une nécessité pour freiner ces trafics. Si les opérations de démantèlement se multiplient, une question demeure. Le Gabon est-il en train de devenir un terrain d'expansion pour les réseaux de contrefaçon et de criminalité économique ?