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FONCTION PUBLIQUE, FAUT-IL EN FINIR AVEC L’AVANCEMENT AUTOMATIQUE ?

FONCTION PUBLIQUE, FAUT-IL EN FINIR AVEC L’AVANCEMENT AUTOMATIQUE ?
Récompenser la performance plutôt que le temps passé dans l’administration : l’ambition affichée par la réforme divise déjà les acteurs de la Fonction publique

La réforme du Statut général des fonctionnaires ouvre un débat qui dépasse la simple modification d'un texte de loi. En proposant de remplacer les avancements automatiques par des promotions fondées sur le mérite et les performances, le gouvernement entend transformer en profondeur la gestion des carrières dans l'administration. 
Une évolution présentée comme une nécessité pour moderniser la Fonction publique, mais qui soulève de nombreuses interrogations sur l'équité et les garanties offertes aux agents.


L'ancienneté, un système à bout de souffle ?


Pour le gouvernement, le modèle actuel montre aujourd'hui ses limites. 
En accordant les avancements principalement sur la base de l'ancienneté, il ne permettrait pas de distinguer les fonctionnaires les plus investis de ceux dont les performances sont insuffisantes.


Le nouveau statut entend donc instaurer une culture du résultat. Les promotions seraient désormais liées aux évaluations professionnelles, tandis que la lutte contre l'absentéisme et la valorisation du concours figurent également parmi les principaux axes de la réforme.


Le mérite, oui,mais selon quels critères ?


C'est précisément sur ce point que les syndicats expriment leurs plus fortes réserves. Ils ne rejettent pas nécessairement le principe du mérite, mais s'interrogent sur les critères qui serviront à évaluer les agents.
Pour eux, l'absence de règles clairement définies pourrait favoriser des décisions subjectives et créer des disparités entre fonctionnaires. 


Plusieurs organisations rappellent également les difficultés rencontrées avec la Prime d'incitation à la performance (PIP), dont les modalités d'attribution avaient déjà suscité de vives contestations.


Une réforme sans concertation ?


Au-delà du contenu, les syndicats dénoncent surtout la méthode. Ils estiment qu'une réforme touchant directement à la carrière des fonctionnaires ne peut être menée sans une consultation approfondie des partenaires sociaux.
La contestation s'est amplifiée après l'intervention de Pierre Mintsa, président de la Confédération syndicale Machette syndicale des travailleurs gabonais Vaillant (MSTGV), qui a appelé le président Brice Clotaire Oligui Nguema à ne pas entériner le texte tant qu'un dialogue n'aura pas été engagé.


Une réforme qui pose une vraie question de société


En réalité, cette réforme met en lumière un choix auquel de nombreuses administrations sont confrontées : faut-il continuer à récompenser l'ancienneté ou privilégier la performance individuelle ?


Si le principe du mérite séduit par son ambition de rendre l'administration plus efficace, il ne pourra produire les effets attendus que s'il repose sur des critères transparents, objectifs et acceptés par tous. Faute de quoi, une réforme pensée pour améliorer le fonctionnement de la Fonction publique pourrait devenir un nouveau foyer de tensions sociales.


Aussi Il devra également répondre aux préoccupations des agents qui attendent encore une reconnaissance administrative, notamment ceux ayant franchi avec succès l’étape des concours mais toujours privés de poste budgétaire. Faute de réponses claires, une réforme pensée pour améliorer le fonctionnement de la Fonction publique pourrait devenir un nouveau foyer de tensions sociales.

Par NOEMI KIM

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