FORÊTS RÉCUPÉRÉES
Cette vaste campagne, pilotée par le Centre national d'inventaire et d'aménagement des ressources forestières et fauniques (CNIAF), couvrira plus d'un million d'hectares répartis dans cinq départements. Le Kouilou, le Niari, la Bouenza, la Lékoumou et la Likouala. L'objectif est de disposer d'une connaissance précise des ressources disponibles avant toute éventuelle réattribution de ces espaces forestiers à de nouveaux opérateurs.
Renforcer la gouvernance forestière
La cérémonie de lancement s'est déroulée en présence du préfet du Kouilou, Paul Adondilou, ainsi que de plusieurs autorités administratives et locales. Elle marque le début d'une opération stratégique destinée à évaluer le potentiel économique des concessions revenues dans le patrimoine de l'État à la suite du non-respect des engagements contractuels et des prescriptions légales par leurs anciens attributaires.
Pour Rosalie Matondo, cette réintégration ouvre une nouvelle perspective pour la gouvernance forestière du pays.
« Les concessions forestières concernées par les travaux que nous lançons aujourd'hui ont été réintégrées dans le domaine forestier de l'État à la suite du non-respect des engagements contractuels et des prescriptions légales par leurs anciens attributaires. Le retour de ces concessions dans le domaine forestier de l'État offre l'occasion de renforcer la gouvernance forestière, d'améliorer la connaissance des ressources disponibles et de créer les conditions d'une réattribution transparente à des investisseurs responsables capables de concilier performance économique, protection de l'environnement et développement local »
a déclaré la ministre.
Seize équipes mobilisées sur le terrain
Pour mener à bien cette campagne, le CNIAF, dirigé par sa directrice générale Carine Saturnine Lenga Milandou, déploiera seize équipes mixtes de terrain: huit seront chargées du layonnage et huit autres du comptage des arbres.
Ces équipes réunissent des ingénieurs forestiers, des botanistes, des géomaticiens, des techniciens forestiers ainsi que des agents de collecte spécialement formés aux protocoles nationaux d'inventaire forestier. Des agents d'appui seront également recrutés progressivement au sein des communautés locales, notamment dans les villages situés à proximité des zones concernées.
Selon les responsables techniques, cette organisation permettra de respecter le calendrier fixé tout en garantissant la qualité des données collectées.
Un inventaire à vocation économique
Contrairement à un inventaire forestier classique, l'inventaire de pré-investissement est essentiellement orienté vers l'évaluation du potentiel économique des forêts. Les techniciens du CNIAF, appuyés par des étudiants finalistes de l'École nationale supérieure d'agronomie et de foresterie (ENSAF), recenseront uniquement les essences forestières présentant un intérêt commercial.
« En ce qui concerne un inventaire de pré-investissement, nous réalisons des inventaires spécifiquement dans des zones forestières. C'est un inventaire économique qui permet d'identifier les arbres couramment exploités au Congo »
a expliqué un responsable technique.
Les étudiants de l'ENSAF participent activement à cette opération, qui constitue également un exercice pratique de terrain.
« Nous remarquons que ce que nous avons appris est carrément utile sur le terrain. Nous avons appris à lire un GPS, à utiliser le décamètre, à mesurer les arbres avec un ruban forestier, à ouvrir et délimiter les parcelles. Toutes ces compétences sont indispensables pour recenser les arbres utiles »
a témoigné une étudiante.
Un levier pour le développement local
Au-delà de la connaissance des ressources forestières, cette campagne vise à préparer une exploitation plus responsable des concessions concernées. Les données recueillies permettront à l'État de sélectionner de futurs investisseurs répondant aux exigences de transparence, de préservation de l'environnement et de développement des communautés riveraines.
Rosalie Matondo a également salué l'engagement du président de la République en faveur de cette initiative, estimant que ces inventaires constituent un levier important pour une meilleure valorisation du patrimoine forestier national et pour la création d'opportunités économiques au profit des populations locales.
À travers cette opération d'envergure, le Congo réaffirme sa volonté de concilier exploitation durable des ressources forestières, bonne gouvernance et développement socio-économique, tout en renforçant le contrôle de l'État sur un secteur stratégique pour l'économie nationale.