OUVERTURE INTERNATIONALE CENTRAFRICAINE
Cette cérémonie diplomatique, organisée le 16 juillet à Bangui, intervient dans un contexte où le pays cherche à accélérer son relèvement économique et institutionnel après plusieurs années de crises. Malgré son enclavement géographique, la République centrafricaine entend multiplier les opportunités de coopération dans des secteurs jugés prioritaires, notamment l’agriculture, les infrastructures, l’éducation, la santé et le commerce.
La Malaisie mise sur l’agriculture et les ressources naturelles
Parmi les nouveaux représentants accrédités figure Aiyub Omar, ambassadeur extraordinaire et plénipotentiaire du Royaume de Malaisie, basé à Abuja. Les discussions entre les deux pays portent sur le développement de projets dans l’agriculture, les mines, l’exploitation forestière et les échanges commerciaux.
Premier producteur mondial d’huile de palme, la Malaisie souhaite notamment accompagner la relance de cette filière en République centrafricaine, considérée comme un secteur à fort potentiel pour la diversification de l’économie nationale.
Cuba renforce la coopération dans les secteurs sociaux
Bangui entend également approfondir ses relations avec Cuba, représenté par son ambassadeur Leonardo Enrique Limonta Joanes, en résidence à Kinshasa. Historiquement marquée par une coopération politique, la relation entre les deux pays devrait désormais s’élargir à des domaines plus directement liés au développement humain.
Les autorités centrafricaines souhaitent notamment renforcer les échanges dans la santé, l’enseignement supérieur ainsi que la formation professionnelle, des secteurs considérés comme essentiels pour accompagner la reconstruction du pays.
Un partenariat économique renforcé avec le Royaume-Uni
La nouvelle ambassadrice britannique, Zoe Alexandra Ware MVO, a également présenté ses lettres de créance au chef de l’État. Jusqu’à présent, la coopération entre Londres et Bangui s’est principalement inscrite dans le cadre des actions multilatérales, notamment à travers la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations unies pour la stabilisation en Centrafrique (MINUSCA) et le Programme alimentaire mondial (PAM).
Les deux pays souhaitent désormais élargir leurs échanges aux domaines économique et commercial. Parmi les projets évoqués figure notamment la construction du corridor ferroviaire reliant la République centrafricaine au Soudan, une infrastructure appelée à améliorer la connectivité régionale.
L’Ouganda, un partenaire stratégique pour la sécurité et le développement
La coopération avec l’Ouganda franchit également une nouvelle étape avec l’accréditation de l’ambassadeur Kalisa Farid. Les relations entre les deux États reposent déjà sur une collaboration militaire, notamment dans la formation des Forces de défense nationales et la lutte contre les groupes armés, dont l’Armée de résistance du Seigneur (LRA).
Bangui et Kampala envisagent désormais la création d’une Commission mixte à travers la signature prochaine d’un mémorandum d’entente. Cette instance permettra d’élargir la coopération à de nouveaux secteurs tels que l’agriculture, les mines, l’enseignement et les échanges commerciaux.
Le projet du corridor 14, qui doit relier la République centrafricaine au Soudan du Sud, à l’est de la RDC et à l’Ouganda jusqu’à l’océan Indien, illustre cette volonté commune de désenclaver le pays et de renforcer son intégration économique régionale.