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GROGNE À L'ENS

GROGNE À L'ENS
Enseignants ENS en colère : impayés et boycott des examens

La tension monte d’un cran à l’École normale supérieure (ENS). Réunis devant les locaux de l’Agence comptable des grandes écoles, les enseignants-chercheurs ont une nouvelle fois exprimé leur colère face au non-paiement de la deuxième tranche de leurs vacations. Après plusieurs semaines d’attente et l’expiration d’un préavis de boycott des examens, les membres du Syndicat national des enseignants-chercheurs de l’ENS (SNEC-Ex-ENS) dénoncent l’absence de réaction des autorités et annoncent un durcissement de leur mouvement si aucune solution n’est trouvée dans les prochains jours.


Selon les représentants du syndicat, les démarches administratives nécessaires au règlement des vacations ont pourtant été effectuées. Après avoir vérifié la situation auprès de l’Agence comptable des grandes écoles, ils affirment avoir constaté qu’aucun fonds n’était disponible pour procéder au paiement des sommes dues. Une situation qu’ils jugent incompréhensible et inacceptable.


Le syndicat pointe désormais le ministère du Budget


Prenant la parole devant ses collègues, le président du SNEC-Ex-ENS, le Pr Hilaire Edzang Nyangone, a retracé les différentes étapes de ce dossier, estimant que les responsabilités ne se situent plus au niveau du ministère de l’Enseignement supérieur.


“La semaine dernière, nous nous sommes réunis en Assemblée Générale, suivi d'une déclaration pendant laquelle on dénonçait déjà le non-payement de nos vacations après audit. Pendant cette Assemblée Générale, nous avons donné un délai précis aux autorités afin qu'une solution soit trouvée avant qu'on ne parte en vacances, sous peine de paralyser toute activité au sein de notre belle institution. Malheureusement, jusqu'à ce jour, aucune réaction n'est venue d'en face, bien au contraire. Les informations qui nous sont parvenues, après vérification, sont celles selon lesquelles les auditeurs, même s'ils ont saucissonné nos états,  ont déjà remis leur rapport au ministère de l'Enseignement supérieur. Ce rapport a été transmis à la Direction Générale de l'Ecole Normale Supérieure, laquelle, avec diligence, a traité ces états en faisant des ordres de paiement. Malheureusement, nous constatons pour le déplorer que, jusqu'à ce jour, aucun paiement n'est effectif.  En nous rapprochant de l'Agence comptable des grandes écoles,  nous avons pu vérifier par nous-mêmes qu'il n'y a aucun fonds disponible, et donc aucun fonds pour pouvoir nous payer. Ce qui nous amène aujourd'hui à interroger non plus le ministère de l'Enseignement supérieur, qui a déjà fait sa part de boulot, mais plutôt le ministère du Budget, pour savoir pourquoi nous, pourquoi l'Ecole Normale Supérieure. La semaine dernière, Massuku a dû menacer pour obtenir gain de cause. Chez nous, les paiements qui s'élevaient initialement à 650 millions ont été drastiquement réduits à 241 millions. Nous nous demandons à juste titre et à haute voix si ce sont 241 millions que notre trésor public ne peut pas payer aux agents qui ont travaillé et qui ont correctement travaillé”


a déclaré Pr Hilaire Edzang Nyangone, président du SNEC-Ex-ENS


Le responsable syndical explique que les vérifications effectuées montrent que les auditeurs ont terminé leur travail et transmis leur rapport au ministère de l'Enseignement supérieur.


« Les informations qui nous sont parvenues, après vérification, sont celles selon lesquelles les auditeurs, même s'ils ont saucissonné nos états, ont déjà remis leur rapport au ministère de l'Enseignement supérieur. Ce rapport a été transmis à la Direction générale de l'École normale supérieure, laquelle, avec diligence, a traité ces états en établissant les ordres de paiement. Malheureusement, jusqu'à ce jour, aucun paiement n'est effectif », a poursuivi le président du SNEC-Ex-ENS.


« Pourquoi l'École normale supérieure ? »


Pour les enseignants-chercheurs, le blocage se situerait désormais au niveau du ministère du Budget, seul capable, selon eux, de débloquer les fonds nécessaires au règlement des vacations.


« En nous rapprochant de l'Agence comptable des grandes écoles, nous avons pu vérifier par nous-mêmes qu'il n'y a aucun fonds disponible, et donc aucun fonds pour pouvoir nous payer. Ce qui nous amène aujourd'hui à interroger non plus le ministère de l'Enseignement supérieur, qui a déjà fait sa part de boulot, mais plutôt le ministère du Budget, pour savoir pourquoi nous, pourquoi l'École normale supérieure »


a insisté Pr Hilaire Edzang Nyangone.


Le syndicat rappelle également que le montant des paiements attendus a déjà été considérablement revu à la baisse à la suite de l'audit.


« La semaine dernière, Masuku a dû menacer pour obtenir gain de cause. Chez nous, les paiements qui s'élevaient initialement à 650 millions de francs CFA ont été drastiquement réduits à 241 millions. Nous nous demandons à juste titre et à haute voix si ce sont 241 millions que notre Trésor public ne peut pas payer aux agents qui ont travaillé et qui ont correctement travaillé »


a-t-il déploré.


Un ultimatum avant une paralysie annoncée


Face à cette impasse, les enseignants-chercheurs annoncent un durcissement de leur mouvement. Ils préviennent que si les paiements ne sont pas effectués rapidement, ils engageront une nouvelle phase de mobilisation qui visera directement le fonctionnement de l'Agence comptable des grandes écoles.


“Nous interpellons donc ici et maintenant le ministère du Budget afin que les paiements soient effectifs, parce que nous savons que si nous ne sommes pas payés jusqu'à aujourd'hui, c'est parce que le ministère du Budget n'a pas encore mis les fonds dans les caisses de l'école normale supérieure. Si nous ne sommes pas payés dans les prochains jours, nous nous engageons devant l'esplanade devant laquelle nous nous trouvons aujourd'hui à paralyser toute activité de l'Agence comptable des grandes écoles jusqu'à satisfaction totale de nos revendications. Nous ne mendions pas, nous ne quémandons pas, nous avons travaillé, nous demandons juste à être payés au juste prix pour le travail que nous avons effectué”


a ajouté Pr Hilaire Edzang Nyangone, président du SNEC-Ex-ENS 


Un climat social toujours sous tension


Cette nouvelle sortie du SNEC-Ex-ENS intervient dans un contexte social déjà tendu au sein des établissements d'enseignement supérieur du Gabon. Les enseignants-chercheurs estiment que le paiement de leurs vacations constitue un droit acquis et refusent désormais de se contenter de promesses sans calendrier précis.


À travers cette nouvelle mobilisation, ils espèrent obtenir un déblocage rapide des crédits afin d'éviter une paralysie des services administratifs de l'ENS. En attendant une réaction du ministère du Budget, le syndicat maintient la pression et assure qu'il poursuivra son mouvement jusqu'au règlement intégral des sommes dues, estimant que la reconnaissance de leur travail passe avant tout par le respect des engagements financiers pris à leur égard.


 


 

Par Pamphil

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