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L'OTAN CAJOLE TRUMP

L'OTAN CAJOLE TRUMP
Sommet de l’OTAN : l’Europe signe des contrats d’armement géants.

À l’ouverture du sommet de l’OTAN à Ankara ce mardi 7 juillet 2026, les alliés européens ont affiché leur détermination à renforcer leurs capacités militaires. L’annonce de plusieurs contrats d’armement de plusieurs dizaines de milliards de dollars vise à démontrer que les engagements pris en matière de défense se traduisent désormais par des investissements concrets. Cette démonstration intervient dans un contexte diplomatique délicat, alors que le président américain Donald Trump continue de reprocher aux Européens leur manque d’implication dans les enjeux sécuritaires internationaux.


Des contrats militaires à plusieurs milliards de dollars


Devant des responsables politiques, des industriels du secteur de la défense et des représentants de l’Alliance atlantique réunis dans la capitale turque, le secrétaire général de l’OTAN a dévoilé une série de commandes stratégiques.


« Des pays membres de l’OTAN et des entreprises des deux côtés de l’Atlantique vont signer des contrats qui se chiffrent en milliards, littéralement des milliards de dollars »


a-t-il déclaré.


Selon plusieurs sources diplomatiques, la valeur globale de ces accords dépasserait les 50 milliards de dollars. Parmi les annonces majeures figure la commande de dix avions de surveillance GlobalEye auprès du constructeur suédois Saab. Ces appareils remplaceront progressivement les avions de détection Awacs actuellement exploités par l’Alliance. Ce renouvellement de flotte, envisagé depuis plusieurs années, intervient après le retrait du constructeur américain Boeing de la compétition.


Le groupe européen Airbus a également obtenu un nouveau marché avec la livraison d’un dixième avion ravitailleur et de transport militaire A330 MRTT destiné à la flotte commune de l’OTAN.


Convaincre Washington de l’engagement européen


Au-delà de leur dimension industrielle, ces contrats répondent à un objectif politique connu. Convaincre Washington que les Européens prennent enfin au sérieux l’effort de défense réclamé depuis plusieurs années par les États-Unis.


Depuis son retour à la Maison-Blanche, Donald Trump multiplie les critiques contre les alliés européens, qu’il accuse de ne pas assumer leur part des responsabilités au sein de l’Alliance. Les tensions se sont encore accentuées après les opérations militaires menées par les États-Unis et Israël contre l’Iran, le président américain estimant que les partenaires européens ne lui avaient pas apporté le soutien attendu.


Dans les coulisses du sommet, plusieurs diplomates reconnaissent que la gestion des relations avec Donald Trump mobilise une part importante des efforts diplomatiques de l’OTAN.


Des dépenses militaires en forte progression


L’un des principaux arguments avancés par les responsables de l’Alliance repose sur l’augmentation rapide des budgets militaires des pays européens et du Canada.


Le secrétaire général a rappelé que


« les Alliés européens et le Canada ont dépensé près de 20 % de plus pour leur défense que l’année précédente. Si l’on considère 2025 et 2026 réunies, cela représente 258 milliards de dollars d’investissements supplémentaires »


L’année dernière, les membres de l’Alliance avaient accepté de porter progressivement leurs dépenses de sécurité à au moins 5 % de leur produit intérieur brut. Si plusieurs États restent encore éloignés de cet objectif, les dirigeants de l’OTAN estiment que la dynamique est désormais enclenchée.


« Maintenant, il faut mettre cet argent au service de notre défense »


a insisté le secrétaire général.


« Cela signifie faire de l’innovation une priorité absolue, surmonter la fragmentation des industries nationales de défense et réduire les lourdeurs administratives »


L’expérience ukrainienne au cœur des discussions


La guerre en Ukraine continue de façonner les priorités stratégiques de l’Alliance. Le président Volodymyr Zelensky est attendu à Ankara où il doit participer à plusieurs rencontres avec les dirigeants de l’OTAN ainsi qu’avec le président turc Recep Tayyip Erdogan. Une entrevue avec Donald Trump est également prévue après un échange téléphonique intervenu durant le week-end.


L’OTAN considère aujourd’hui l’industrie de défense ukrainienne comme un modèle dans certains domaines, notamment dans le développement des drones et des nouvelles technologies militaires acquises au fil du conflit.


Les alliés européens souhaitent tirer parti de cette expérience pour accélérer la modernisation de leurs propres capacités de défense.


Un soutien financier renouvelé à Kyiv


En marge du sommet, plusieurs pays européens, rejoints par le Canada mais sans la participation des États-Unis, devraient confirmer un nouveau paquet d’aide militaire destiné à l’Ukraine.


Selon des diplomates, les engagements atteindraient 40 milliards d’euros en 2026 et un montant au moins équivalent en 2027. Cette enveloppe viendrait compléter les 30 milliards d’euros d’assistance militaire déjà annoncés par l’Union européenne pour chacune de ces deux années.


Les dirigeants européens espèrent ainsi maintenir la dynamique de soutien à Kyiv engagée lors du sommet du G7 organisé en France à la mi-juin.


Enfin, plusieurs responsables de l’Alliance comptent sur la relation privilégiée entre Recep Tayyip Erdogan et Donald Trump pour préserver un climat apaisé durant les travaux du sommet. Aux yeux de nombreux diplomates, cette proximité pourrait jouer un rôle déterminant dans la réussite des discussions entre les alliés.


Quels enjeux pour l’Afrique ?


Pour l’Afrique, et particulièrement l’Afrique subsaharienne, le renforcement des dépenses militaires des pays de l’OTAN pourrait avoir des répercussions économiques et sécuritaires. Plusieurs États africains dépendent encore de l’aide internationale pour financer la lutte contre le terrorisme au Sahel, dans le bassin du lac Tchad ou en Somalie. Une réorientation des budgets occidentaux vers la défense pourrait réduire les financements destinés au développement. Selon la Banque mondiale, l’Afrique subsaharienne compte encore près de 460 millions de personnes vivant dans l’extrême pauvreté. À l’inverse, l’essor de l’industrie de défense pourrait aussi ouvrir des opportunités de coopération technologique et de formation avec certains partenaires africains.

Par Pamphil

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