SOMMET CÉMAC POUR L'ÉCONOMIE À BRAZZAVILLE
Un séminaire régional pour renforcer les capacités d’analyse économique
Organisé par la Commission de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (Cémac), ce séminaire régional bénéficie de l’appui technique d’Afristat, du Centre régional d’assistance technique d’Afrique centrale, ainsi que du financement de la Banque mondiale. Cette initiative s’inscrit dans la continuité des travaux amorcés lors de la session de Djibloho, en Guinée équatoriale, en novembre 2025.
L’objectif principal est double. Valider la note de conjoncture économique régionale du quatrième trimestre 2025 et élaborer celle du premier trimestre 2026. Parallèlement, il s’agit d’actualiser les prévisions macroéconomiques à court terme pour les deuxième et troisième trimestres de l’année en cours. Ce travail permettra d’affiner la compréhension des évolutions économiques dans les six États membres que sont le Cameroun, la République centrafricaine, le Congo, le Gabon, la Guinée équatoriale et le Tchad.
Une analyse approfondie des secteurs clés
Les participants consacreront une attention particulière aux secteurs stratégiques tels que la production, l’inflation, les finances publiques, le commerce extérieur, ainsi que les domaines monétaire et financier. Cette analyse sectorielle rigoureuse est indispensable pour cerner les dynamiques économiques actuelles et anticiper les tendances futures.
Des sessions techniques sont également intégrées au programme pour renforcer les compétences des experts nationaux en matière de suivi conjoncturel et de prévisions économiques. Cette montée en compétences est essentielle pour garantir la fiabilité et la pertinence des analyses produites au niveau communautaire.
Un chantier de modernisation du suivi économique régional
Roland Marc Montchi, coordonnateur régional du projet HISWACA (Harmonisation et amélioration des statistiques en Afrique de l’Ouest et du centre) et directeur de la statistique à la Commission de la Cémac, rappelle que dans un environnement mondial marqué par l’incertitude, il est crucial d’avoir des outils performants et des données de qualité.
« La qualité de la décision publique dépend directement de la qualité des données qui la fondent »
souligne-t-il. Les récentes crises mondiales, les tensions géopolitiques, les effets du changement climatique et les mutations des chaînes de valeur mondiales imposent une surveillance économique rigoureuse et harmonisée.
Face à ces défis, la Commission de la Cémac a engagé, depuis plusieurs mois, un vaste chantier de modernisation du dispositif régional de surveillance conjoncturelle. Ce chantier vise à surmonter les difficultés liées à l’hétérogénéité des méthodes statistiques, aux divergences des calendriers de diffusion des données, ainsi qu’à l’absence d’un cadre harmonisé de consolidation régionale.
Un canevas commun et un réseau régional d’experts
Grâce à ces efforts, un canevas commun pour la production des notes de conjoncture économique a déjà été adopté. Une méthodologie partagée pour la collecte et l’analyse des données infra-annuelles est également mise en place. Ces avancées facilitent une meilleure comparaison et consolidation des données économiques à l’échelle communautaire.
Par ailleurs, un réseau régional d’experts a été créé. Ces spécialistes sont chargés de produire et d’interpréter les informations économiques dans une perspective communautaire, ce qui renforce la cohérence et la pertinence des analyses.
La mise en place d’un système régional d’intelligence économique
Au-delà de la publication régulière de notes de conjoncture, la Commission ambitionne d’établir un véritable système régional d’intelligence économique. Ce dispositif reposera sur des outils numériques modernes, des indicateurs avancés de suivi économique, une meilleure circulation de l’information et un renforcement durable des capacités nationales d’analyse et de prévision.
Une telle approche permettra d’obtenir des données de qualité, produites en temps utile, indispensables pour orienter efficacement les politiques publiques de la sous-région.
Des statistiques harmonisées pour accompagner la Vision Cémac 2035
Lors de la cérémonie d’ouverture, Emile Eba, directeur de cabinet par intérim du ministre congolais de l’Économie, du Plan, de l’Intégration et de la Prospective, a rappelé que les progrès macroéconomiques enregistrés ces dernières années sont le fruit de réformes ambitieuses menées dans la sous-région.
Il a souligné que ces avancées doivent désormais s’accompagner d’une transformation structurelle des économies de la Cémac pour assurer une croissance durable et inclusive. Pour cela, disposer de statistiques harmonisées et de données fiables produites en temps réel est une condition sine qua non.
Ces données permettront d’accompagner efficacement les politiques publiques et de soutenir les ambitions de la Vision Cémac 2035, qui vise à consolider l’intégration économique et améliorer le bien-être des populations de la région.
La Cémac se donne les moyens de mieux anticiper les défis économiques
Ce conclave à Brazzaville marque une étape clé dans le renforcement du dispositif régional d’analyse économique et de suivi conjoncturel. En améliorant la qualité des données et en harmonisant les méthodes d’analyse, la Cémac se donne les moyens de mieux anticiper les défis économiques et de soutenir des politiques publiques adaptées.
Dans un contexte mondial incertain, cette mobilisation collective d’experts, d’institutions et de partenaires techniques et financiers est une réponse résolue pour une Afrique centrale plus intégrée, plus résiliente et mieux préparée à son avenir économique.