ZIMBABWE : MNANGAGWA JUSQU'EN 2030
Une adoption écrasante au Sénat
La présidente du Sénat, Mabel Chinamona, a annoncé à la télévision nationale que 75 sénateurs ont voté en faveur de ce projet de loi, tandis que seulement quatre s’y sont opposés. Cette réforme, entamée en février, avait déjà été approuvée sans difficulté par l’Assemblée nationale le 18 juin dernier. Il ne reste plus qu’à Emmerson Mnangagwa, 83 ans, de signer le texte pour qu’il entre officiellement en vigueur.
Un changement majeur du mode de scrutin
Au-delà de la prolongation du mandat présidentiel, cette révision constitutionnelle modifie profondément le mode de scrutin. Le suffrage direct, en place depuis 1987 pour l’élection présidentielle, sera supprimé. Dorénavant, ce sont les parlementaires, eux aussi soumis à une prolongation de leur mandat de deux ans, qui désigneront le président de la République, une mesure qui concentre davantage le pouvoir au sein du parti présidentiel, le Zanu-PF.
Des réactions contrastées
Le parti Zanu-PF justifie cette réforme comme un moyen de garantir la stabilité politique dans un pays qui a connu de nombreuses turbulences. En revanche, l’opposition dénonce un véritable « coup d’État constitutionnel ». Elle affirme avoir subi des pressions et intimidations tout au long du processus. Tendai Biti, ancien ministre des Finances et figure de l’opposition, avait d’ailleurs été arrêté en mars, illustrant la tension politique qui règne dans le pays.
Cette réforme constitue une étape décisive dans la trajectoire politique du Zimbabwe, avec un président qui pourrait bien régner pendant plus d’une décennie.