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GABON OÙ VONT VRAIMENT LES MILLIARDS ?

GABON OÙ VONT VRAIMENT LES MILLIARDS ?
Gabon : où vont les milliards des infrastructures routières dégradées ?

Chaque année, des milliards de francs CFA sont annoncés pour le développement des infrastructures, l'amélioration du cadre de vie et la modernisation des villes gabonaises. Pourtant, sur le terrain, la réalité observée par de nombreux citoyens semble raconter une autre histoire. Routes défoncées, canalisations défectueuses, quartiers sous-équipés, éclairage public insuffisant. Les difficultés persistent et alimentent une interrogation de plus en plus présente dans l'opinion publique. Où vont réellement les milliards investis dans les infrastructures du pays ?


Des routes qui racontent le calvaire des populations


Il suffit de parcourir certaines artères de Libreville, Owendo, Akanda ou encore plusieurs villes de l'intérieur du pays pour mesurer l'ampleur du défi.


Nids-de-poule, chaussées fissurées, voies inondées à la moindre pluie : de nombreux usagers dénoncent l'état préoccupant du réseau routier. Pour les automobilistes, les réparations mécaniques deviennent une dépense récurrente. Pour les chauffeurs de taxi, chaque trajet est un parcours d'obstacles.


Dans certains quartiers, les habitants expliquent que certaines routes n'ont pas bénéficié de travaux significatifs depuis plusieurs années. Pendant la saison des pluies, les déplacements deviennent parfois particulièrement difficiles, compliquant l'accès aux écoles, aux centres de santé et aux lieux de travail.


« Nous entendons régulièrement parler de projets et de budgets importants, mais sur le terrain, nous continuons à vivre les mêmes difficultés »


confie un habitant de la périphérie de Libreville.


Des quartiers qui se sentent abandonnés


Au-delà des routes, c'est l'ensemble du cadre de vie qui suscite des interrogations.


Dans plusieurs zones urbaines, les populations évoquent un manque d'infrastructures de base. Certaines rues demeurent insuffisamment éclairées. Des réseaux d'assainissement restent incomplets. Des espaces publics manquent d'entretien.


Dans les quartiers les plus éloignés des centres administratifs, le sentiment d'abandon est parfois profond. Les habitants ont l'impression que les investissements profitent davantage à certaines zones qu'à d'autres.


Pour de nombreuses familles, les préoccupations sont simples. Disposer d'une route praticable, d'un système de drainage efficace, d'un éclairage public fonctionnel et d'un environnement propre.


Ces attentes, pourtant essentielles, semblent encore loin d'être satisfaites dans plusieurs localités.


Des budgets importants annoncés chaque année


Le paradoxe est frappant. D'un côté, les autorités communiquent régulièrement sur les programmes d'investissement destinés aux infrastructures publiques. De l'autre, les citoyens peinent parfois à percevoir les résultats concrets de ces dépenses dans leur quotidien.


Les lois de finances successives prévoient généralement des enveloppes importantes pour les travaux publics, l'urbanisme, l'aménagement du territoire et les équipements collectifs.


Mais entre les annonces budgétaires et la réalisation effective des projets, de nombreuses questions demeurent.


Les retards dans l'exécution des chantiers, les interruptions de travaux ou encore certains projets inachevés alimentent les interrogations des populations sur l'efficacité de la dépense publique.


Le défi de la transparence


L'une des principales préoccupations exprimées par les citoyens concerne la traçabilité des investissements publics.


De plus en plus de Gabonais souhaitent comprendre comment les fonds sont utilisés, quels projets sont effectivement réalisés et quels résultats sont obtenus.


La demande de transparence n'est pas uniquement une revendication politique. Elle répond à une exigence de bonne gouvernance et de confiance entre les institutions et les citoyens.


Dans un contexte où les ressources publiques sont précieuses, chaque investissement est observé avec attention. Les populations veulent voir des réalisations concrètes correspondant aux sommes engagées.


Cette exigence est devenue particulièrement forte chez les jeunes générations, davantage informées et soucieuses du suivi des politiques publiques.


Quand les infrastructures freinent le développement


L'état des infrastructures ne constitue pas seulement un problème de confort quotidien. Il représente également un enjeu économique majeur.


Des routes dégradées augmentent les coûts de transport des marchandises. Elles ralentissent les échanges commerciaux et compliquent les activités des entreprises.


Les difficultés d'accès à certains quartiers peuvent également décourager les investisseurs et limiter les opportunités économiques locales.


À long terme, le retard dans le développement des infrastructures peut affecter la compétitivité du pays et freiner son ambition de diversification économique.


Pour de nombreux spécialistes, la qualité des infrastructures demeure l'un des piliers essentiels du développement durable et de l'attractivité économique.


Des citoyens qui attendent des résultats visibles


Aujourd'hui, les Gabonais semblent moins sensibles aux promesses qu'aux réalisations concrètes.


Les populations veulent voir des routes terminées, des quartiers assainis, des ouvrages fonctionnels et des équipements publics entretenus. Elles souhaitent constater que les ressources mobilisées produisent des effets tangibles sur leur qualité de vie.


Dans les discussions de quartier, les réseaux sociaux ou les débats publics, une même question revient avec insistance. Comment expliquer le décalage entre les montants annoncés et les réalités observées sur le terrain ?


Cette interrogation traduit moins une défiance systématique qu'une attente forte de résultats mesurables.


Oui, cette affirmation est globalement vraie et reflète une réalité socio-économique majeure au Gabon. Le contraste entre la richesse théorique du pays et l'état de ses infrastructures fait l'objet de vifs débats nationaux. 

1. Un réseau routier largement dégradé


Sur les quelque 9 170 à 10 000 kilomètres de routes que compte le Gabon, seulement 20 % sont bitumées. Le reste du réseau est constitué de pistes de terre souvent impraticables pendant la saison des pluies. À Libreville comme à l'intérieur du pays, les axes secondaires et les voiries urbaines souffrent de nids-de-poule profonds et d'un manque criant d'entretien.

2. Le paradoxe des milliards investis


Les populations et la société civile s'interrogent légitimement sur l'utilisation des fonds. Les budgets alloués sont pourtant colossaux.


 


  • Un plan d'envergure : L'État a programmé une enveloppe de 1 333 milliards de FCFA dédiée aux infrastructures routières sur la période 2024-2026.

  • Des taxes spécifiques : La seule Redevance de l'Usure de la Route (RUR) doit générer près de 55 milliards de FCFA. 



3. Où va réellement l'argent ?



Les rapports d'institutions internationales comme la Banque Mondiale et les analyses économiques locales pointent plusieurs gouffres financiers.


 


  • Mauvaise gestion et manque d'études : Une part importante des fonds est gaspillée dans des projets mal préparés. La loi de finances rectificative a dû couper 968 milliards de FCFA de dépenses d'investissement, car de nombreux chantiers avaient été budgétisés sans aucune étude de faisabilité préalable. 

  • Le poids de la dette : Le Gabon fait face à des échéances de remboursement de dette extérieure massives, ce qui siphonne les liquidités qui devraient servir aux chantiers publics. 

  • Surcoûts des chantiers : Faute d'un entretien régulier, réparer une route totalement détruite coûte jusqu'à trois fois plus cher qu'un suivi normal, créant un éternel recommencement.



 





 


Par Pamphil

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