GABON : LE TARO UN PRODUIT DE NICHE
Le manioc : Une culture ancrée et polyvalente
Le taro : un tubercule méconnu et sous-valorisé
Le taro souffre d’un déficit d’image et de connaissance. Moins productif en volume que le manioc et parfois considéré comme plus complexe à cultiver, il est souvent réservé à une consommation familiale ou régionale, ce qui limite son rayonnement économique. Par ailleurs, ses conditions de culture demandent une certaine expertise, notamment en matière d’humidité et de sols, ce qui freine son adoption par de nombreux agriculteurs.
Un équilibre est-il possible ?
Inverser cette tendance est un défi, mais pas une utopie. Promouvoir le taro passe par une meilleure vulgarisation des techniques de culture adaptées, une sensibilisation des consommateurs sur ses qualités nutritionnelles, riches en fibres et minéraux, et un accompagnement des producteurs vers des circuits de commercialisation plus structurés. La diversification des usages culinaires pourrait également stimuler la demande.
Que faire ?
L’État gabonais et les acteurs agricoles doivent investir dans la recherche agronomique pour améliorer les rendements du taro. Par ailleurs, il faut encourager les initiatives locales qui valorisent ce tubercule lors des marchés, foires et festivals culturels. Enfin, joindre tradition et innovation permettrait de redonner au taro la place qu’il mérite, équilibrant ainsi la consommation des tubercules au Gabon et renforçant notre souveraineté alimentaire.
Manioc consommé par plus de 80 % de Gabonais
Le manioc occupe une place radicalement différente de l'arachide et du soja : c'est le premier aliment de base du pays, consommé par plus de 80 % de la population. Bien que sa culture soit ultra-dominante dans le paysage agricole national, elle souffre de limites structurelles.
Importations annuelles. Environ 90 000 tonnes par an. Malgré l'omniprésence du manioc dans les champs gabonais, le déficit de production par rapport à l'explosion de la demande urbaine (notamment à Libreville) oblige le pays à importer massivement (souvent depuis le Cameroun voisin). Le manoc est transformé en bâtons de manioc, en gari, et en foufou notamment.