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GABON : LE TARO UN PRODUIT DE NICHE

GABON : LE TARO UN PRODUIT DE NICHE
Le taro au Gabon, un produit de niche face au manioc.

Au Gabon, le manioc est sans conteste la star des tubercules, omniprésent dans l’alimentation quotidienne. À côté, le taro, bien que traditionnellement consommé, reste un produit de niche, méconnu et sous-exploité. Pourquoi cette différence marquée entre ces deux racines pourtant essentielles à notre agriculture et notre culture culinaire ?


Le manioc : Une culture ancrée et polyvalente


Le manioc bénéficie d’une longue histoire d’adaptation et de valorisation au Gabon. Sa culture est largement répandue grâce à sa résistance aux sols pauvres et son rendement relativement rapide. De plus, il est très prisé pour ses multiples usages. Farine, foufou, gari ou simplement bouilli. Cette polyvalence en fait un aliment de base de la population gabonaise, supportant la sécurité alimentaire nationale.


 Le taro : un tubercule méconnu et sous-valorisé


 Le taro souffre d’un déficit d’image et de connaissance. Moins productif en volume que le manioc et parfois considéré comme plus complexe à cultiver, il est souvent réservé à une consommation familiale ou régionale, ce qui limite son rayonnement économique. Par ailleurs, ses conditions de culture demandent une certaine expertise, notamment en matière d’humidité et de sols, ce qui freine son adoption par de nombreux agriculteurs.


Un équilibre est-il possible ?


Inverser cette tendance est un défi, mais pas une utopie. Promouvoir le taro passe par une meilleure vulgarisation des techniques de culture adaptées, une sensibilisation des consommateurs sur ses qualités nutritionnelles, riches en fibres et minéraux, et un accompagnement des producteurs vers des circuits de commercialisation plus structurés. La diversification des usages culinaires pourrait également stimuler la demande.


Que faire ?


L’État gabonais et les acteurs agricoles doivent investir dans la recherche agronomique pour améliorer les rendements du taro. Par ailleurs, il faut encourager les initiatives locales qui valorisent ce tubercule lors des marchés, foires et festivals culturels. Enfin, joindre tradition et innovation permettrait de redonner au taro la place qu’il mérite, équilibrant ainsi la consommation des tubercules au Gabon et renforçant notre souveraineté alimentaire. 


Manioc consommé par plus de 80 % de Gabonais


Le manioc occupe une place radicalement différente de l'arachide et du soja : c'est le premier aliment de base du pays, consommé par plus de 80 % de la population. Bien que sa culture soit ultra-dominante dans le paysage agricole national, elle souffre de limites structurelles.


Importations annuelles. Environ 90 000 tonnes par an. Malgré l'omniprésence du manioc dans les champs gabonais, le déficit de production par rapport à l'explosion de la demande urbaine (notamment à Libreville) oblige le pays à importer massivement (souvent depuis le Cameroun voisin).  Le manoc est transformé en bâtons de manioc, en gari, et en foufou notamment.




Par Pamphil

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