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BELINGA : 7,5 MILLIARDS DE TONNES DE FER TOUJOURS SOUS TERRE MALGRÉ 130 ANS DE PROMESSES

BELINGA : 7,5 MILLIARDS DE TONNES DE FER TOUJOURS SOUS TERRE MALGRÉ 130 ANS DE PROMESSES
Depuis plus d’un siècle, le gisement de fer de Belinga suscite espoirs et ambitions au Gabon. Malgré plusieurs projets et partenaires internationaux, son exploitation industrielle n’a toujours pas commencé.

Lors de son discours sur l’état de la Nation prononcé le 15 juin 2026 devant le Parlement réuni en Congrès, le président de la République, Brice Clotaire Oligui Nguema, a rappelé l’importance stratégique du gisement de fer de Belinga, situé dans la province de l’Ogooué-Ivindo.


Selon les estimations officielles citées par le chef de l’État, Belinga renfermerait près de 7,5 milliards de tonnes de minerai de fer avec une teneur moyenne de 65 %, ce qui en ferait l’un des plus importants gisements de fer non exploités au monde.


Découvert à la fin du XIXe siècle, le gisement est connu depuis plus de 130 ans. Pourtant, malgré son potentiel exceptionnel, aucune exploitation industrielle à grande échelle n’a encore vu le jour.


Au fil des décennies, plusieurs projets ont été annoncés. Dans les années 2000, le groupe chinois CMEC avait obtenu une concession comprenant la construction d’une mine, d’un barrage hydroélectrique, d’une ligne ferroviaire et d’un port minéralier. Ce projet n’a finalement pas abouti.


D’autres groupes miniers internationaux ont ensuite manifesté leur intérêt pour Belinga, sans parvenir à lancer l’exploitation commerciale du site.


Depuis 2021, le projet est porté par le groupe australien Fortescue Metals Group à travers sa filiale gabonaise Ivindo Iron. Une convention minière a été signée avec l’État gabonais et plusieurs campagnes d’exploration ont été menées afin d’affiner la connaissance du gisement et de préparer son développement.


En mai 2025, Ivindo Iron indiquait avoir réalisé une grande partie de son programme d’exploration et poursuivait les études techniques nécessaires à une future mise en exploitation.


Pour les autorités gabonaises, l’enjeu dépasse largement le seul secteur minier. Dans son discours, le président Oligui Nguema a souligné que le développement de Belinga pourrait s’accompagner de la construction d’infrastructures structurantes, notamment des ports en eau profonde, des barrages hydroélectriques et des liaisons ferroviaires destinées à soutenir l’industrialisation du pays.


Le chef de l’État a également rappelé que les ressources naturelles ne peuvent devenir une véritable richesse nationale que lorsqu’elles sont exploitées et transformées localement au bénéfice des populations.


À ce jour, Belinga demeure donc un immense potentiel économique encore inexploité. Plus de 130 ans après sa découverte, le défi reste le même , réunir les investissements, les infrastructures et les conditions économiques nécessaires pour transformer cette ressource en moteur durable de croissance, d’emplois et de diversification pour le Gabon.

Par NOEMI KIM

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