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PRIMES FANTÔMES : LE SCANDALE

PRIMES FANTÔMES : LE SCANDALE
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Le ministère de l’Éducation nationale est plongé dans une tourmente financière majeure. Une enquête judiciaire a révélé l’existence de primes de vacation fictives, générant des détournements de fonds estimés à plus de 700 millions de francs CFA. La déclaration du procureur de la République, Dick Fabrice Boungou Mikolo, a mis en lumière un mécanisme frauduleux organisé depuis plusieurs années au sein de la direction centrale des affaires financières du ministère.


Un audit qui met le feu aux poudres


Tout commence courant l’année 2025, lorsque le budget prévisionnel des primes de vacation connaît une augmentation significative. Cette hausse attire l’attention des agents du ministère de l’Économie, des Finances, de la Dette et des Participations, chargé de la vie chère. Un audit est diligenté et révèle rapidement des irrégularités dans les fichiers des bénéficiaires.


Le procureur Boungou Mikolo explique.


« L’audit a permis de constater un dépassement de plus de 700 millions de francs CFA dans les lignes de paiement des primes, favorisant certaines personnes relevant de la direction centrale des affaires financières. »


Selon lui, le système reposait sur la création de lignes budgétaires fictives permettant de verser indûment ces primes, soit par virement bancaire, soit par bon de caisse.


Un système installé depuis plusieurs années


L’ampleur de la fraude est renforcée par sa durée. Les investigations montrent que ce système de primes fantômes existe depuis plusieurs années et est devenu quasi-normal au sein de la direction centrale. Cette situation souligne un déficit grave de contrôle interne et une tolérance inquiétante aux pratiques frauduleuses dans un secteur aussi stratégique que l’éducation nationale.


« Le mécanisme existait depuis plusieurs années, ce qui ajoute une gravité supplémentaire à cette affaire »


a déclaré le procureur. L’impact sur la confiance des citoyens dans la gestion des fonds publics est considérable et pose de sérieuses questions sur la transparence dans l’administration gabonaise.


La justice place plusieurs personnes en garde à vue


Informé des faits, le parquet de la République a saisi la direction des enquêtes économiques et financières de l’état-major de police d’investigation judiciaire. À ce jour, vingt-cinq personnes ont été entendues dans le cadre de l’enquête. Vingt agents sont actuellement en garde à vue, tandis que deux autres ont été mises en confiance pour des raisons de santé. L’enquête se poursuit afin de déterminer l’ampleur exacte des détournements et les responsabilités de chacun.


Le procureur a insisté sur la fermeté de la procédure.


« Notre objectif est de faire toute la lumière sur ces malversations et de traduire devant la justice toutes les personnes impliquées, quels que soient leur grade ou leur statut. »


Répercussions sur l’administration et l’opinion publique


Ce scandale, qui mêle fraude et corruption dans un domaine central pour le pays, a provoqué une onde de choc au sein de l’administration et parmi la population. Les syndicats d’enseignants et les citoyens s’interrogent sur les mécanismes de contrôle et sur la capacité des autorités à prévenir de telles pratiques.


Alors que l’enquête suit son cours, le dossier des primes fantômes pourrait devenir un point tournant dans la lutte contre la fraude au Gabon, rappelant avec force que la vigilance et la transparence restent indispensables dans la gestion des deniers publics.


 




Par Pamphil

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