TSHISEKEDI, UNE JOURNÉE « VILLE MORTE »
Clivage total à l'Assemblée nationale
Le point de rupture a été atteint le mercredi 27 mai 2026 au Palais du Peuple. Les députés du groupe parlementaire d’opposition « Ensemble pour la République » ont bruyamment quitté la séance plénière. Ce boycott massif est intervenu dès l'alignement à l'ordre du jour de la proposition de loi sur le référendum, portée par le député Paul-Gaspard Ngondankoy. Pour les élus de l'opposition, l'examen de ce texte est une ligne rouge. Ils dénoncent une manœuvre juridique téléguidée par le pouvoir pour baliser le chemin vers un changement de la Constitution, ce qui permettrait au président Félix Tshisekedi de briguer un troisième mandat.
L'opposition dénonce une « rébellion constitutionnelle »
Face à ce qu'ils qualifient de « coup d'État constitutionnel », les leaders de l'opposition, parmi lesquels Martin Fayulu et Delly Sesanga, ont décidé d'unir leurs voix. Lors de leur déclaration commune, ils ont accusé le chef de l'État de s'engager dans une « rébellion ouverte contre la Constitution » de la République. « Nous ne laisserons pas détruire les acquis démocratiques de notre nation », a martelé l'un des porte-paroles de la coalition d'opposition. Pour bloquer cette initiative législative, l'opposition change de stratégie et en appelle désormais à la rue. Elle demande formellement à la population, aux commerçants, aux transporteurs et à la société civile de cesser toute activité et de rester chez eux le mercredi 3 juin 2026 sur l'ensemble du territoire national. Cette journée « ville morte » fera office de premier test majeur pour mesurer le rapport de force entre le pouvoir de Kinshasa et une opposition qui tente de cristalliser la colère populaire face aux velléités de révision constitutionnelle.