LE GABON DÉNONCE LA VENTE ILLÉGALE D’EAU
Un marché parallèle face à la pénurie
Cette déclaration fait écho à une réalité difficile. La ville de Libreville souffre d’un stress hydrique croissant. Pour de nombreuses familles sans raccordement fiable ni ressources pour des solutions privées, les camions-citernes sont devenus une solution de dernier recours. Dans certains quartiers, le prix d’une cuve de 1 000 litres oscille désormais entre 12 000 et 15 000 FCFA, un coût élevé qui pèse lourd sur les ménages. Ce marché est largement contrôlé par des acteurs étrangers, ce qui alimente un sentiment de frustration et d’injustice sociale.
Soupçons et défis de gouvernance
Ce commerce, bien que qualifié d’illégal par le ministère, est entouré de soupçons d’un système organisé, parfois qualifié d’« économie parallèle ». Plusieurs voix s’élèvent pour dénoncer des complicités au sein même de la Société d’Eau et d’Énergie du Gabon (SEEG), laissant supposer que cette activité ne pourrait prospérer sans un certain laxisme interne. Si ces allégations se confirmaient, elles mettraient en lumière des défaillances majeures dans la gestion des ressources en eau.
Vers une réforme indispensable
Pour le gouvernement, la tâche est complexe. Assainir le secteur est vital pour restaurer la souveraineté sur la distribution de l’eau, mais cela ne suffira pas. Il faudra aussi garantir un accès équitable et abordable à l’eau potable pour tous. La lutte contre les circuits illégaux doit impérativement s’accompagner de solutions durables pour répondre à la pénurie. Le défi de Philippe Tonangoye sera de prouver que la fin des pratiques illicites ne se traduira pas par une privation accrue pour les populations les plus vulnérables.