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LIBREVILLE ET BRUXELLES

LIBREVILLE ET BRUXELLES
Pêche thonière : conflit, souveraineté gabonaise et partenariat avec l'Europe

Longtemps traité dans les couloirs diplomatiques, le différend autour de la pêche thonière entre le Gabon et l’Union européenne s’est invité publiquement au cœur de la célébration de la Fête de l’Europe à Libreville. Dans un contexte où le Gabon revendique une plus grande souveraineté sur ses ressources naturelles, cette prise de parole marque un tournant dans la manière dont ces relations sont perçues et gérées.


Un malentendu majeur mis en lumière


Le sujet était sensible, mais il est désormais assumé publiquement. Lors de cet événement, l’ambassadrice de l’Union européenne au Gabon, Cécile Abadie, a reconnu l’existence de « malentendus » entre les deux partenaires sur ce dossier hautement stratégique. « L’année écoulée a aussi connu son lot de malentendus et je fais ici référence à la démarche souveraine du Gabon de questionner les termes de notre coopération de longue date sur la pêche thonière », a-t-elle déclaré à Gabonactu. Une déclaration qui traduit le malaise croissant autour des conditions d’exploitation du thon dans les eaux gabonaises, et qui témoigne de la volonté du Gabon de revoir en profondeur ses accords avec Bruxelles.


Une volonté souveraine claire


Ce malentendu n’est pas un simple différend technique. Il s’inscrit dans une démarche souveraine du Gabon, qui souhaite renforcer la gestion de ses ressources et assurer une meilleure répartition des retombées économiques. « Je ne souhaite ni l’éluder ni la dramatiser car nous avons réengagé depuis un dialogue serein qui je l’espère se poursuivra », a précisé Cécile Abadie. La diplomate a aussi souligné l’« attachement à la transparence » de l’Union européenne, insistant sur la nécessité de maintenir un dialogue constructif, malgré les tensions actuelles.


Une nouvelle dynamique dans la relation


Tout en reconnaissant cette démarche « souveraine », Cécile Abadie a affirmé que le dialogue avait repris dans un climat « serein ». « Nous n’avons rien à cacher et, je le crois sincèrement, beaucoup à offrir », a-t-elle déclaré. Bruxelles souhaite continuer à être un partenaire de choix et de confiance pour le Gabon, même si les enjeux ont évolué. La volonté de transformer et de diversifier l’économie gabonaise est désormais au centre des préoccupations, et ce, dans l’intérêt mutuel.


Rappel des faits


Derrière cette séquence diplomatique se cache un vieux contentieux devenu éminemment politique. Depuis plusieurs années, de nombreuses voix au Gabon dénoncent un modèle dans lequel les navires européens capturent d’importantes quantités de thon dans les eaux gabonaises, pendant que la transformation industrielle, les emplois et la valeur ajoutée échappent largement au pays. Libreville estime que les anciens accords ont surtout profité aux flottes étrangères sans réellement structurer une industrie locale de la pêche.


Le Gabon veut imposer une nouvelle doctrine. Transformer localement ses ressources halieutiques, créer des emplois nationaux et renforcer le contrôle de ses richesses maritimes. Bruxelles, de son côté, tente d’éviter une rupture avec un partenaire stratégique du Golfe de Guinée. Consciente de cette nouvelle réalité politique, Cécile Abadie a d’ailleurs reconnu que « l’agenda de diversification et de transformation des ressources du Gabon est non seulement légitime et dans le sens de l’histoire, mais aussi dans le plein intérêt de l’Europe ».


Une évolution de la relation


Ce constat montre que le rapport entre le Gabon et ses partenaires, notamment européens, est en train d’évoluer. Au-delà du simple conflit sur le thon, c’est toute la philosophie des relations économiques qui est remise en question. Le Gabon, en affirmant sa souveraineté et en cherchant à mieux valoriser ses ressources, montre qu’il est prêt à prendre en mains son avenir, tout en restant ouvert au dialogue et à la coopération.


En somme, cette nouvelle étape dans le dossier de la pêche thonière illustre la volonté du Gabon de défendre ses intérêts tout en restant fidèle à ses principes de transparence et de souveraineté. Ce dialogue, qu’il ne faut ni l’utiliser ni le dramatiser, reste essentiel pour bâtir une relation équilibrée et respectueuse entre Libreville et Bruxelles.




Par Pamphil

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