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LE GÉANT S’EST ÉCROULÉ ?

LE GÉANT S’EST ÉCROULÉ ?
USB Bitam zéro point analyse chute historique du club gabonais

L’Union Sportive de Bitam, autrefois considéré comme un des piliers du football national, se retrouve aujourd’hui à la dernière place du classement avec zéro point après la première moitié de la saison 2025-2026. 


Une chute spectaculaire dans le football gabonais


Ce fiasco sans précédent soulève de nombreuses interrogations sur les causes profondes de cette déchéance. Le club, qui a longtemps incarné la grandeur et la stabilité, traverse une crise multidimensionnelle qui met à mal son avenir.


Une gouvernance fracturée par le "bicéphalisme"


Au cœur de cette débâcle, la gouvernance du club a été gravement fragilisée par un conflit interne entre deux directions revendiquant la légitimité. Cette guerre de leadership a paralysé toute décision stratégique, empêchant le club d’adopter une ligne cohérente pour rebondir. La situation est devenue si ingérable que la Fédération Gabonaise de Football (FEGAFOOT) a été amenée à suspendre temporairement l’USB du championnat national en mars 2026. Cette suspension a été un coup dur pour la stabilité du club, qui se retrouvait sans cadre clair pour gérer ses affaires.


L’asphyxie financière et contractuelle


Le manque de ressources financières a également fortement contribué à la chute de l’USB. Longtemps empêtré dans des impayés, le club a subi une interdiction de recrutement imposée par la FIFA suite à des litiges avec d’anciens joueurs. Cette sanction a empêché toute possibilité de renouveler l’effectif, aggravant la situation sur le terrain. Ce n’est qu’en mai 2026 que cette interdiction a été levée, laissant l’équipe sans renforts pour la seconde moitié de saison. La gestion financière défaillante a ainsi creusé un gouffre difficile à combler.


Une équipe technique déstabilisée


Sur le plan sportif, la situation est tout aussi alarmante. L’équipe a enchaîné des défaites humiliantes, notamment un 4-0 contre le CMS et un 6-2 face à Oyem FC. La démission de l’entraîneur n’a pas été suivie d’un changement positif, et le staff technique s’est retrouvé à bricoler avec un effectif limité. La suspension FIFA a empêché la signature de nouvelles recrues, ce qui a plombé la cohésion et la motivation des joueurs.


Un climat social explosif


Les tensions ne se sont pas limitées au terrain. Le club a été secoué par des mouvements sociaux, avec des joueurs en grève et des sit-in réclamant leurs salaires impayés depuis plusieurs mois. La crise sociale a brisé toute cohésion, rendant impossible une quelconque relance collective. Le moral des troupes est à son plus bas, et la stabilité du club est sérieusement compromise.


L’effondrement d’un modèle économique


Autrefois porté par des figures emblématiques telles que René Ndemezo'Obiang, l’USB ne dispose plus d’un modèle économique viable. La dépendance à un mécénat instable et une structure administrative archaïque ont fini par épuiser ses ressources. Le club ne parvient plus à s’autofinancer, ce qui le rend vulnérable face aux aléas financiers et sportifs.


Un espoir renaît avec la levée de la suspension


Toutefois, une lueur d’espoir apparaît avec la levée de la suspension par la Ligue Nationale de Football Professionnel (LINAFP). Après notification de la FEGAFOOT et de la FIFA, l’USB a obtenu le feu vert pour recruter à nouveau. Ce répit pourrait permettre au club de reconstruire une équipe compétitive et d’espérer un redressement lors de la seconde partie de saison. La rencontre très importante contre Ogooué FC ce samedi 9 mai au Stade Gaston Peryrille de Bitam pourrait marquer le début d’une nouvelle étape pour le géant déchu du football gabonais.

Par Pamphil

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