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GABON: 2 MILLIARDS DE DOLLARS INVESTIS POUR EXPORTER LE GAZ NATUREL DÈS 2028

GABON: 2 MILLIARDS DE DOLLARS INVESTIS POUR EXPORTER LE GAZ NATUREL DÈS 2028
Gabon vise 700000 tonnes GNL et marché gazier africain 2028

Le Gabon engage une transformation stratégique majeure de son économie énergétique. À travers un investissement estimé à 2 milliards de dollars, le projet de développement du gaz naturel liquéfié au Cap Lopez s’impose comme un levier essentiel pour les finances publiques et la souveraineté nationale. Cette initiative ouvre la voie à une diversification attendue depuis plusieurs décennies, dans un pays longtemps dépendant du pétrole brut.


Pour les pouvoirs publics, l’enjeu est double. Il s’agit d’augmenter les recettes de l’État tout en valorisant des ressources jusque-là sous-exploitées. Le gaz, autrefois brûlé à la torche, devient aujourd’hui un actif stratégique capable de générer des revenus durables et d’accompagner les politiques de développement.


Le projet estimé à 2 milliards de dollars et porté par Perenco s’inscrit dans cette dynamique. L’ampleur des investissements traduit une confiance dans le potentiel gazier du Gabon, mais aussi dans la stabilité du cadre économique national.


70 ans après, le Cap Lopez entre dans une nouvelle ère


Le terminal du Cap Lopez, construit il y a près de 70 ans, s’apprête à changer de visage. Jadis dédié exclusivement à l’exportation du pétrole, ce site emblématique est aujourd’hui en pleine mutation pour devenir un hub énergétique intégré.


Les travaux en cours visent à doter le site d’installations modernes de traitement, de liquéfaction et de stockage du gaz. Cette évolution marque un tournant symbolique. Elle illustre la capacité du Gabon à moderniser ses infrastructures et à s’adapter aux nouvelles réalités du marché énergétique mondial.


À terme, le Cap Lopez deviendra un point névralgique pour les exportations de gaz, tout en continuant de jouer un rôle clé dans le secteur pétrolier.


500 kilomètres de réseau pour structurer la production


Le développement du gaz repose également sur la mise en place d’un réseau de 500 kilomètres de pipelines destiné à collecter le gaz dans différentes zones de production, notamment dans le sud du pays.


Cette infrastructure permettra d’acheminer efficacement le gaz vers les unités de traitement. Une unité flottante de liquéfaction viendra compléter le dispositif, avec une capacité de traitement dépassant les 100 millions de pieds cubes par jour.


Ce maillage technique constitue la colonne vertébrale du futur secteur gazier gabonais. Il garantit une exploitation optimale des ressources et ouvre la voie à une production stable et compétitive.


2028 et 700 000 tonnes pour entrer sur le marché mondial


L’année 2028 marque une étape très importante. Le Gabon prévoit de lancer ses premières exportations de gaz naturel liquéfié avec une capacité estimée à 700 000 tonnes par an.


Ce volume représente une entrée progressive sur le marché international. L’objectif n’est pas de rivaliser immédiatement avec les grands producteurs mondiaux, mais de s’imposer comme un nouvel acteur crédible et fiable.


Les autorités misent sur une stratégie prudente, privilégiant la qualité des infrastructures et la stabilité de la production. Cette approche vise à sécuriser les revenus sur le long terme.


3 pays face au défi régional en Afrique centrale


Une question se pose avec insistance, le Gabon peut-il devenir le premier exportateur de gaz naturel en Afrique centrale en 2028 ?  Le défi est titanesque. La réponse impose de regarder au-delà des frontières. Trois pays dominent déjà le paysage régional, le Congo, la Guinée équatoriale et le Cameroun.


La Guinée équatoriale conserve une avance solide grâce à ses infrastructures existantes et une capacité estimée à près de 3,7 millions de tonnes par an.De son côté, le Congo affiche une progression rapide avec des projets visant près de 3 millions de tonnes. Le Cameroun derrière ce duo de tête, apparaît avec son unité flottante active depuis plusieurs années qui atteint environ 2,4 millions de tonnes. 


Face à ces chiffres, le Gabon apparaît encore en retrait avec ses 700 000 tonnes prévues. La marche reste donc élevée pour prétendre au leadership régional dès 2028.


Deux axes stratégiques pour consolider la croissance


La stratégie nationale repose sur deux piliers essentiels. Le premier concerne l’autosuffisance énergétique. Une partie de la production sera destinée au marché local, notamment pour le gaz domestique, avec environ 30 000 tonnes par an.


Le second axe vise le développement industriel. Le gaz servira également à produire de l’électricité, contribuant à stabiliser le réseau et à soutenir la croissance économique.


Ces choix traduisent une volonté de bâtir une économie plus résiliente, moins dépendante des fluctuations du pétrole.


Une ambition réaliste pour préparer l’avenir


En 2028, le Gabon ne sera sans doute pas le leader régional du gaz naturel. Toutefois, le pays posera les bases d’un secteur prometteur, capable de transformer durablement son économie.


L’essentiel se joue ailleurs. Dans la capacité à valoriser les ressources, à attirer les investissements et à construire une industrie compétitive. Le projet du Cap Lopez représente à ce titre une avancée majeure.


Le chemin reste long, mais la direction est désormais claire. Le Gabon entre dans une nouvelle ère énergétique, où le gaz pourrait, à terme, rivaliser avec le pétrole comme source de richesse nationale.

Par Pamphil

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