HOMOSEXUALITÉ AU SÉNÉGAL, DJIBRIL DRAMÉ AU CENTRE D’UNE ENQUÊTE AVEC NEUF PARTENAIRES ET TRANSMISSION DE VIH/SIDA
L’affaire Djibril Dramé et compagnie s’impose, jour après jour, comme l’un des dossiers les plus sulfureux de ces derniers mois au Sénégal. À mesure que l’enquête progresse, elle dévoile un réseau aux contours de plus en plus inquiétants, mêlant criminalité organisée, dérives sanitaires et ramifications sociales insoupçonnées. Selon des informations concordantes, la Brigade de recherches de Keur Massar, à la manœuvre depuis février, a franchi un nouveau seuil avec une vague d’interpellations qui porte désormais le nombre total d’arrestations à soixante-quatorze.
Séisme judiciaire
Au cœur de ce séisme judiciaire, des accusations d’une extrême gravité. Homosexualité, aassociation de malfaiteurs, mise en danger de la vie d’autrui, blanchiment de capitaux et trafic de drogue. À cela s’ajoutent des faits liés à des pratiques sexuelles à risque avec transmission volontaire présumée du VIH/Sida, donnant à cette affaire une dimension à la fois pénale et sanitaire, rarement observée à une telle échelle.
Mais c’est un élément en apparence banal qui a accéléré la cadence des enquêteurs. Le téléphone portable de Djibril Dramé. Une véritable boîte de pandore. L’exploitation minutieuse de cet appareil a permis de remonter de nouvelles pistes décisives. Les données extraites ont conduit à l’arrestation de six individus supplémentaires, localisés entre Dakar et la Petite Côte, notamment à Saly. Parmi eux, des profils ordinaires. Un tailleur, un commerçant et un agent commercial. Tous auraient été identifiés grâce à des échanges aguichants.
De nouveaux noms cités
Sous la pression des éléments techniques, plusieurs suspects auraient reconnu les faits qui leur sont reprochés. Certains sont allés plus loin, livrant des détails précis et citant d’autres noms, contribuant ainsi à élargir un cercle déjà tentaculaire. L’enquête avance ainsi par cercles concentriques, chaque aveu ouvrant la voie à de nouvelles interpellations d'homosexuels.
L’onde de choc dépasse désormais le cadre strictement criminel. Elle atteint la sphère politique, avec l’arrestation du deuxième adjoint au maire de Ouakam, Chérif Aly Diatta. Malgré ses dénégations, il est soupçonné de liens très étroits avec plusieurs figures centrales du dossier. Son placement sous mandat de dépôt, en même temps que celui de quatre autres individus, marque un tournant et confère à l’affaire une portée institutionnelle.
Djibril Dramé au centre du scandale avec neuf relations
Autre évolution notable. Djibril Dramé semble désormais occuper une position pivot dans cette organisation qui laisse pantois. Avec neuf partenaires à son actif, il devance Ibrahima Magib Seck, jusque-là considéré comme un acteur clé, qui en compte huit. Ce basculement illustre la nature mouvante d’un dossier où chaque révélation redessine la hiérarchie et l’architecture du réseau. L’enquête est loin d’avoir livré tous ses secrets.