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PÉTROLE, LE GABON PEUT-IL DÉTRÔNER LE CONGO ET DEVENIR LE 6ᵉ PRODUCTEUR AFRICAIN ?

PÉTROLE, LE GABON PEUT-IL DÉTRÔNER LE CONGO ET DEVENIR LE 6ᵉ PRODUCTEUR AFRICAIN ?
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Depuis plusieurs années, une idée circule avec insistance dans les débats énergétiques africains. Le Gabon pourrait-il dépasser le Congo-Brazzaville et s’imposer comme le 6ᵉ producteur de pétrole du continent ?  


Le pays Gabon n’occupe pas durablement les toutes premières positions africaine.  En 2023 comme sur la période 2020–2025, le Gabon se situe généralement entre la 6ᵉ et la 8ᵉ place. Dans plusieurs relevés, il apparaît même 7ᵉ, derrière un groupe de pays plus dynamiques ou mieux dotés.


La volatilité des productions africaines constitue une à prendre en compte. Entre quotas de l’OPEP, incidents techniques, instabilité politique ou encore variations d’investissements, les volumes peuvent fluctuer rapidement. Il suffit d’un recul temporaire d’un concurrent ou d’un pic ponctuel pour modifier le classement sur une courte période.


Mais sur le fond, la hiérarchie reste relativement stable.


Le classement africain : une domination incontestée


Pour comprendre la position du Gabon, il faut replacer le débat dans le contexte continental.


Le classement des producteurs africains de pétrole, autour de 2025–2026, s’organise ainsi.




  1. Nigeria




  2. Libye




  3. Angola




  4. Algérie




  5. Égypte




  6. Congo (Brazzaville)




  7. Gabon




  8. Ghana




  9. Guinée équatoriale




  10. Tchad




Les quatre premiers pays dominent très largement la production africaine. À eux seuls, ils concentrent l’essentiel des volumes du continent. Derrière eux, un second groupe, Égypte, Congo et Gabon,  se dispute des positions plus serrées, avec des écarts bien plus faibles.


C’est dans cet espace que se joue la rivalité entre Libreville et Brazzaville.


Congo - Gabon : un duel serré mais asymétrique


À première vue, l’écart entre les deux pays peut sembler modeste. Le Congo produit actuellement entre 250 000 et 280 000 barils par jour, tandis que le Gabon se situe entre 210 000 et 230 000 barils par jour.


La différence oscille donc entre 40 000 et 60 000 barils quotidiens.


Dans l’industrie pétrolière mondiale, cet écart est loin d’être insurmontable. Il peut être comblé en quelques années avec des investissements ciblés ou des gains techniques. Mais encore faut-il en avoir les moyens et surtout les ressources.


Car ces chiffres cachent une réalité plus profonde. Les deux pays ne partent pas du même point.


Le poids de l’histoire pétrolière


Le Gabon est un producteur historique. Depuis les années 1970, il a largement exploité ses ressources, ce qui lui a permis de bâtir une économie pétrolière solide. Mais cette ancienneté est aujourd’hui un handicap.


La majorité de ses champs sont matures, voire en déclin. Maintenir la production actuelle nécessite déjà des efforts techniques importants.


Le Congo, de son côté, dispose d’un portefeuille de champs plus récents, notamment en offshore profond. Cela lui confère un avantage structurel en matière de potentiel de production.


Autrement dit, le Gabon doit travailler davantage pour simplement rester à niveau, là où le Congo peut encore capitaliser sur des marges de progression.


Les leviers d’un possible rattrapage


Pour autant, enterrer les ambitions gabonaises serait une erreur.


Le pays dispose encore de plusieurs leviers pour combler son retard.


D’abord, l’optimisation des champs existants. Grâce aux techniques de récupération assistée, il est possible d’augmenter significativement le taux d’extraction. Ce type d’intervention peut générer des gains de 20 000 à 50 000 barils par jour,  soit précisément l’écart qui sépare le Gabon du Congo.


Ensuite, les investissements étrangers. Des compagnies indépendantes, déjà très présentes dans le pays, poursuivent leurs activités d’exploration et de développement. Si le climat des affaires reste stable, de nouveaux projets pourraient voir le jour.


Enfin, les découvertes offshore, même modestes, peuvent jouer un rôle décisif à moyen terme.


Le facteur congolais : une équation à double sens


Il serait toutefois réducteur d’analyser la situation uniquement du point de vue gabonais.


Le classement dépend aussi de l’évolution du Congo. Or, celui-ci n’est pas à l’abri de difficultés.


Comme partout ailleurs, ses champs sont soumis au déclin naturel. Les projets offshore peuvent subir des retards. Et les contraintes liées aux quotas internationaux peuvent limiter la production.


Dans ce contexte, un recul congolais, même modéré,  pourrait suffire à inverser la tendance.


Un basculement possible, mais pas imminent


Alors, le Gabon peut-il réellement devenir le 6ᵉ producteur africain et dépasser le Congo ?


La réponse est nuancée.


Oui, c’est possible. Les écarts sont faibles, et les dynamiques pétrolières africaines sont suffisamment instables pour permettre des recompositions rapides.


Mais, ce n’est pas le scénario le plus probable à court terme.


Sans découverte majeure ou afflux massif d’investissements, le Gabon restera confronté à ses contraintes structurelles. Le Congo, malgré ses propres défis, conserve aujourd’hui une avance tangible.


Une bataille ouverte, mais encadrée


Au final, la rivalité entre le Gabon et le Congo illustre parfaitement la réalité du secteur pétrolier africain. Un espace mouvant, soumis à de multiples variables, où les classements ne sont jamais totalement figés.


Le Gabon n’est pas, contrairement à certaines affirmations, un 5ᵉ producteur africain établi. Il évolue plutôt dans le second peloton, entre la 6ᵉ et la 8ᵉ place.


Quant à dépasser le Congo, l’hypothèse reste crédible, mais conditionnée. Elle suppose des efforts soutenus, une stratégie claire et, surtout, un contexte favorable.


Dans cette course à distance entre deux producteurs voisins, rien n’est joué. Mais pour l’instant, Brazzaville garde une courte, mais réelle, longueur d’avance.

Par Pamphil

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