LE MVET INSCRIT AU PATRIMOINE CULTUREL IMMATÉRIEL DE L’UNESCO PRÉSENTÉ À OLIGUI NGUEMA
Le Mvet, art ancestral du Gabon, vient de passer un nouveau cap très important dans sa reconnaissance à l’échelle internationale. Désormais inscrit au patrimoine culturel immatériel de l’UNESCO, il bénéficie d’une reconnaissance officielle qui honore la richesse culturelle du pays. Pour marquer cet événement, une délégation d’acteurs culturels, accompagnée d’un représentant de l’UNESCO, a été reçue par le chef de l’État, Brice Clotaire Oligui Nguema.
Cette rencontre a permis la remise officielle du certificat attestant de cette inscription. Il s’agit de l’aboutissement d’un long processus engagé depuis plusieurs années. Cette reconnaissance ne constitue pas seulement un symbole, elle vient surtout confirmer la valeur universelle du Mvet et son importance dans le patrimoine mondial.
Une reconnaissance internationale méritée
Le Mvet s’impose aujourd’hui comme un élément majeur de la culture gabonaise. Cette inscription vient couronner de nombreuses années d’efforts consacrés à sa valorisation, sa transmission et sa préservation. Elle marque une étape importante dans la sauvegarde de cet héritage culturel qui reste encore très vivant dans les traditions.
Lors de cette audience, Thierry Nzamba Nzamba, administrateur des programmes de l’UNESCO à Libreville, a apporté des précisions sur la portée de cette inscription. Selon lui, “Ce qu'il faut aussi indiquer, c'est que pour le Mvet, il ne s'agit pas simplement du Gabon, c'est donc une inscription transfrontalière”.
Il a expliqué que plusieurs pays sont concernés par cette reconnaissance, notamment le Gabon, le Cameroun, le Congo, et peut-être bientôt la Guinée équatoriale. “Nous en tant que UNESCO donc nous avons accompagné ces différents pays-là”, a-t-il ajouté.
Cette dimension transfrontalière montre que le Mvet dépasse les frontières nationales et constitue un patrimoine partagé entre plusieurs peuples d’Afrique centrale.
Un travail collectif autour du Mvet
Thierry Nzamba Nzamba a également insisté sur le caractère collectif du travail ayant conduit à cette inscription. Il a souligné que l’UNESCO ne travaille pas seule dans ce type de dossier. “Lorsque nous travaillons donc avec les pays sur ce type de sujet, nous ne travaillons pas seuls”, a-t-il affirmé.
La délégation venue rencontrer le président comprenait plusieurs acteurs importants, dont le ministre de la Culture, des chercheurs, des écrivains et des praticiens du Mvet. “Vous voyez avec moi ici madame Angel Londo qui représente un peu tous les écrivains toute la recherche qui est faite sur le Mvet et puis les diseurs de Mvet”, a-t-il précisé.
Ces derniers, appelés aussi “bomes Mvet” en langue fang, jouent un rôle essentiel dans la transmission de cet art ancestral. Leur présence montre l’importance de préserver non seulement l’instrument, mais aussi les savoirs et les pratiques qui l’accompagnent.
Des projets pour valoriser davantage le Mvet
Au-delà de la reconnaissance, des mesures concrètes sont envisagées pour assurer la sauvegarde du Mvet. Thierry Nzamba Nzamba a évoqué plusieurs initiatives possibles. “Naturellement si on arrive à une inscription internationale, il faut maintenant regarder quelles sont les mesures de sauvegarde que nous mettons en place”, a-t-il expliqué.
Parmi les propositions, il a suggéré l’organisation d’un festival international du Mvet au Gabon. “Nous pourrions par exemple accueillir un festival international de Mvet”, a-t-il indiqué. De tels événements permettraient de mieux faire connaître cet art au niveau mondial.
Il a également parlé de la possibilité d’organiser des colloques internationaux afin de renforcer la recherche et les échanges autour du Mvet. En plus de cela, un projet de création d’infrastructures culturelles dans la zone des trois frontières entre le Gabon, le Cameroun et la Guinée équatoriale a été évoqué.
“Donc un musée qui ferait par exemple une part belle au Mvet”, a-t-il proposé. Ce type d’initiative pourrait contribuer à préserver durablement cet héritage.
Un pilier de l’identité culturelle gabonaise
Le Mvet est bien plus qu’un simple instrument de musique. Il désigne à la fois un instrument traditionnel et un ensemble de récits épiques chantés, souvent interprétés lors de cérémonies. Il est un véritable vecteur de transmission des valeurs sociales et culturelles.
Cette inscription à l’UNESCO constitue donc un levier important pour renforcer la transmission de cet art aux jeunes générations. Elle permettra aussi d’améliorer sa visibilité à l’international et de protéger les savoirs traditionnels qui y sont liés.
En devenant la première tradition gabonaise inscrite au patrimoine culturel immatériel de l’UNESCO, le Mvet confirme son rôle fondamental dans l’identité culturelle du pays. Cette reconnaissance est une fierté nationale et une opportunité pour continuer à faire vivre cet art ancestral dans le temps.