ÉCOTOURISME AU GABON, HERMANN IMMONGAULT PRÉSIDE UNE SÉANCE DE TRAVAIL STRATÉGIQUE
Sous l’impulsion du vice-président du gouvernement, Hermann Immongault, une importante séance de travail s’est tenue hier autour du lancement de l’écotourisme au Gabon. Cette rencontre stratégique, qui a réuni plusieurs membres de l’exécutif, marque une étape décisive dans la volonté des autorités de faire de ce secteur un pilier de la diversification économique nationale.
Un secteur prometteur mais encore entravé
Le Gabon, avec ses parcs nationaux, sa biodiversité exceptionnelle et ses vastes étendues naturelles encore préservées, dispose d’atouts indéniables pour bâtir une industrie touristique durable. Pourtant, malgré ce potentiel reconnu, le développement de l’écotourisme reste confronté à des obstacles structurels persistants.
Dans son propos introductif, Hermann Immongault a insisté sur la nécessité d’aller au-delà des constats.
« Il est important, il est utile, il est urgent qu'à la faveur de ce tour de table, nous puissions euh au-delà du partage de ce constat, nous devons être à la fin de cette réunion en capacité d'avoir balisé le terrain et avoir identifié les principaux blocages structurels d'avoir esquissé quelques éléments de réponse, déterminer un cadre, un cadre qui va nous permettre de manière régulière et de manière suivie de faire le point ».
Une déclaration qui traduit clairement l’exigence d’efficacité et de résultats concrets attendus de cette initiative gouvernementale.
Des freins bien identifiés
Au cœur des échanges, plusieurs contraintes majeures ont été mises en lumière. Maurice Ntossui Allogho, ministre des Eaux et Forêts, a dressé un diagnostic sans détour des difficultés qui freinent l’essor du secteur.
« Le but aujourd'hui c'est de dénouer ces ces facteurs de blocage et de déséquilibre qui empêchent l'épanouissement de ce secteur au niveau du ministère de l'intérieur la problématique de l' visa est tout le temps posée au niveau du transport c'est la problématique par exemple de tout ce qui est vecteur aérien l'accessibilité faut regarder la fiscalité aéroportuaire ».
Ainsi, les questions de visas, de connectivité aérienne, d’accessibilité des sites touristiques et de fiscalité apparaissent comme des chantiers prioritaires. À cela s’ajoutent des défis liés à la formation des ressources humaines et à l’insuffisance d’infrastructures hôtelières adaptées.
Attirer les investisseurs : un impératif
La question de l’investissement a également occupé une place centrale dans les discussions. Pour Marcelle Ibinga Itsitsa, ministre du Tourisme durable et de l’Artisanat, les conditions d’attractivité doivent être améliorées de manière significative.
« Aucun investisseur ne pourrait investir dans un espace qui n'est pas le sien. Il faut qu'il ait un titre foncier pour pouvoir engranger ses moyens. Le ministère de l’Intérieur voit comment alléger justement le processus d'obtention de ce visa. Nous avons des très beaux sites mais qui sont difficiles d'accès. Donc il faut voir avec le ministère des transports, le ministère des TP comment arriver à ouvrir ces voies ».
Ces propos mettent en évidence la nécessité d’une approche transversale impliquant plusieurs départements ministériels, afin de lever les contraintes administratives et logistiques.
Vers une mise en œuvre concrète
Au terme de cette réunion, le gouvernement a décidé de passer à une phase opérationnelle. Une commission technique conjointe, pilotée par les ministères des Eaux et Forêts et du Tourisme, a été mise en place. Elle aura pour mission de produire un rapport détaillé assorti d’un calendrier de mise en œuvre et d’indicateurs précis.
Ce dispositif devra permettre de transformer les ambitions affichées en actions concrètes, capables de positionner durablement le Gabon sur la carte mondiale de l’écotourisme.
À l’heure où les économies africaines cherchent à se réinventer, le pari gabonais de l’écotourisme apparaît non seulement pertinent, mais nécessaire. Encore faut-il que les décisions prises aujourd’hui trouvent une traduction rapide sur le terrain.