AES, L’UE RÉCLAME LA LIBÉRATION DE BAZOUM, NIAMEY DÉNONCE UNE INGÉRENCE ÉTRANGÈRE
La tension diplomatique monte d’un cran entre le Niger et l’Union européenne. En adoptant une résolution réclamant la libération du président déchu Mohamed Bazoum, le Parlement européen a jeté un pavé dans la mare. À Niamey, les autorités militaires n’ont pas tardé à répliquer, dénonçant une « ingérence » dans les affaires intérieures du pays.
Une résolution qui ravive les tensions
Adopté par 524 voix, le texte du Parlement européen exige la libération immédiate de Mohamed Bazoum, renversé lors du coup d’État au Niger de 2023 et toujours détenu depuis. Les eurodéputés dénoncent également la répression visant des acteurs politiques et appellent au respect de l’État de droit.
À Bruxelles, cette résolution se veut un signal politique fort. Mais à Niamey, le message est perçu comme une tentative de pression extérieure. Les autorités militaires affirment qu’elles ne feront pas dans la dentelle pour défendre leur souveraineté.
Niamey convoque la représentante européenne
En réponse, la chargée d’affaires de l’Union européenne au Niger, Nicoletta Avella, a été convoquée par les autorités nigériennes. Une lettre officielle lui a été remise pour dénoncer ce que le gouvernement qualifie d’« ingérence inacceptable ».
Dans ce document, Niamey fustige également l’attitude jugée « paternaliste et condescendante » de l’UE. Le ton est ferme. Le Niger affirme qu’il n’acceptera « aucune directive, d’où qu’elle vienne ».
Le Niger campe sur ses positions
Depuis la prise de pouvoir des militaires, les relations avec les partenaires occidentaux se sont fortement dégradées. Cette nouvelle passe d’armes avec l’Union européenne illustre la profondeur du fossé diplomatique.
À Niamey, les autorités militaires assurent qu’elles ne changeront pas d’un iota leur position sur la gestion de la transition et sur le sort de l’ancien président. Une ligne dure qui confirme l’escalade politique entre le Niger et ses anciens partenaires européens.