LA BANQUE MONDIALE VOIT LE GABON REPRENDRE PIED EN 2026
Dans une sous-région encore très dépendante des hydrocarbures, cette performance ne doit pas être lue comme un décollage spectaculaire, mais plutôt comme le signe d’un pays qui tente, pas à pas, de sortir d’une phase de fragilité économique et budgétaire.
Une embellie réelle, tirée par la diversification
La Banque mondiale estime que le recul de la production pétrolière dans des champs arrivés à maturité pourrait être en partie compensé par la progression d’autres secteurs. Le bois, le manganèse, l’huile de palme, le caoutchouc, les services et les grands projets d’infrastructures devraient soutenir l’activité. L’institution souligne aussi le démarrage récent de la production de fer à Belinga, suivi d’un autre dépôt attendu en 2026. Autrement dit, le Gabon commence à bâtir des relais de croissance au-delà du pétrole.
Ce mouvement donne du crédit à l’idée d’une économie gabonaise un peu plus résiliente. La Banque mondiale insiste d’ailleurs sur l’importance du “moment post-transition” pour accélérer les réformes favorables à la croissance, améliorer la gouvernance, contenir les dépenses publiques et élargir la collecte des recettes. C’est là que se situe le principal signal positif, les autorités semblent avoir compris qu’aucune relance durable ne sera possible sans transformation progressive du modèle économique.
Des progrès visibles, mais un chemin encore escarpé
Il faut toutefois éviter tout triomphalisme. La même Banque mondiale rappelle que la situation budgétaire du Gabon demeure fragile. Dans sa fiche macroéconomique, elle projette encore un déficit budgétaire de 4,1 % du PIB en 2026puis 5,1 % en 2027, avec des risques aggravés par la baisse des revenus pétroliers, la pression de la dette et l’ampleur des investissements publics. Le message est clair, la croissance revient, mais elle reste vulnérable.
Le Gabon sort donc petit à petit de sa crise, sans en être encore sorti. Les efforts engagés par les autorités peuvent remettre le pays sur une trajectoire plus solide, mais la route sera longue et exigeante. La reprise existe, oui. Mais elle devra désormais se transformer en emplois, en finances publiques plus saines et en progrès tangibles pour les ménages. C’est à cette condition que l’embellie statistique deviendra une véritable amélioration économique.