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LE PDCI SOUTIENT FERMEMENT THIAM

LE PDCI SOUTIENT FERMEMENT THIAM
Mobilisation du PDCI-RDA avant l’audience de Calixte Yapo

À la veille d’une échéance judiciaire cruciale pour son secrétaire exécutif en chef, le Parti démocratique de Côte d'Ivoire (PDCI-RDA), doyen des formations politiques ivoiriennes, a choisi de sonner la mobilisation générale. Ce jeudi 19 février 2026, la Maison du parti à Cocody a servi de point de ralliement à des centaines de militants venus afficher leur solidarité. Entre dénonciation d’un harcèlement politique et appels à la résilience, les responsables du parti ont montrer que le PDCI ne pliera pas.


Une mobilisation à la veille d’un rendez-vous judiciaire


Réunis en urgence à Abidjan, cadres, jeunes, femmes et secrétaires généraux de section ont répondu à l’appel de la direction. L’objectif était double. Témoigner un soutien indéfectible au président du parti, Tidjane Thiam, et au Secrétaire exécutif en chef, Calixte Yapo, convoqué dès le lendemain devant les tribunaux.


Dans la cour de la Maison du parti, les couleurs vert et blanc dominaient. Les chants militants alternaient avec les slogans appelant à la justice et au respect des droits politiques. Pour beaucoup, cette audience judiciaire dépasse la seule personne de Calixte Yapo. Elle est perçue comme un moment décisif pour l’avenir immédiat du parti.


« Nous sommes venus dire que nous ne sommes pas intimidés », confie un secrétaire de section venu de l’intérieur du pays. À ses côtés, de jeunes militants brandissent des pancartes appelant à l’unité et à la résistance pacifique. L’atmosphère est grave, mais déterminée.


Un parti « éprouvé » mais debout


Représentant le président Thiam, actuellement hors du pays, le vice-président Gilbert Bleu-Lainé a pris la parole dans un silence attentif. Son intervention a dressé un tableau sombre du climat politique. Selon lui, le PDCI-RDA fait face à une série d’attaques qui viseraient à l’affaiblir de l’intérieur. Inculpations, emprisonnements de militants, pressions diverses et campagnes médiatiques hostiles.


« La violence de ces attaques est la preuve que le parti est toujours debout », a-t-il lancé sous les applaudissements. Pour lui, les difficultés actuelles doivent être vues comme un test de cohésion. « Chaque épreuve renforce notre unité si nous savons rester disciplinés », a-t-il ajouté.


Le vice-président a exhorté les militants à ne pas céder aux « marchands d’illusion », une formule visant, sans les nommer, les adversaires politiques accusés de vouloir semer la division. Il a rappelé que les 80 ans d’existence du PDCI-RDA ne doivent rien au hasard, mais à une constance dans l’engagement et la fidélité à des principes hérités des pères fondateurs.


L’appel à une mobilisation physique


L’un des moments forts de la rencontre a été l’intervention d’Aby Raoul, haut représentant de Tidjane Thiam pour le district d’Abidjan. Son discours, plus offensif, a insisté sur la nécessité d’une présence massive au tribunal du Plateau pour l’audience de Calixte Yapo prévue le vendredi 20 février.


« Nous devons être présents avec lui au Plateau pour lui dire notre amitié et notre réconfort », a-t-il déclaré. Selon lui, la mobilisation physique est une manière de signifier que le parti reste soudé autour de ses dirigeants, quelles que soient les circonstances.


Aby Raoul a également réaffirmé la fidélité du PDCI-RDA à son président, Tidjane Thiam, qu’il a qualifié de « boussole politique » du parti. Bien que loin du pays, celui-ci reste, selon ses partisans, au cœur de la stratégie et des orientations du mouvement. « L’engagement envers notre président doit être total et agissant », a-t-il insisté.


Une dénonciation de « l’instrumentalisation de la justice »


Au fil des interventions, un thème est revenu avec insistance : la dénonciation d’une supposée instrumentalisation de la justice à des fins politiques. Les représentants des jeunes, des femmes et des secrétaires généraux de section ont tour à tour pris la parole pour exprimer leurs inquiétudes.


Tous ont affirmé leur attachement à l’État de droit. Mais ils ont estimé que les procédures engagées contre certains responsables et militants du parti s’inscriraient dans une logique de pression politique. « Nous respectons la justice, mais nous refusons qu’elle soit utilisée comme un outil de règlement de comptes », a déclaré une responsable des femmes du parti.


Cette posture vise à montrer que le PDCI-RDA entend se placer sur le terrain des principes démocratiques. Plutôt que de contester frontalement les institutions, ses dirigeants cherchent à mettre en avant leur attachement aux règles tout en dénonçant ce qu’ils considèrent comme des dérives.


Entre unité affichée et défis internes


La démonstration de solidarité observée à Cocody donne l’image d’un parti rassemblé. Les différentes composantes semblent parler d’une même voix, répétant les mêmes mots d’ordre. Unité, discipline, résilience.


Cependant, en filigrane, certains observateurs s’interrogent sur la solidité réelle de cette unité. Les périodes de tension politique sont souvent révélatrices de divergences internes. La capacité du PDCI-RDA à maintenir cette cohésion dans la durée sera déterminante.


Pour l’heure, la direction mise sur la mobilisation et la communication pour resserrer les rangs. Les références constantes à l’histoire du parti et à son héritage servent à rappeler aux militants qu’ils appartiennent à une organisation qui a traversé de nombreuses crises.


La stratégie de la résilience


À l’approche des prochaines échéances politiques nationales, le climat se tend. Dans ce contexte, le parti fondé par Félix Houphouët-Boigny semble avoir choisi la stratégie de la résilience collective. Plutôt que de se poser en victime, il tente de transformer les pressions en levier de mobilisation.


« Chaque attaque nous rend plus forts », a résumé un cadre du parti en marge de la cérémonie. Cette rhétorique vise à convaincre les militants que les difficultés actuelles sont le signe de la pertinence et de la force du PDCI-RDA sur l’échiquier politique.


La journée du 20 février sera un test important. La capacité de mobilisation au tribunal du Plateau, mais aussi le déroulement de l’audience elle-même, seront scrutés de près. Au-delà du cas de Calixte Yapo, c’est l’image et la crédibilité du parti qui sont en jeu.


En se rassemblant massivement à Cocody, le PDCI-RDA a voulu montrer qu’il reste un acteur majeur de la vie politique ivoirienne. Cette unité affichée pourra-t-elle résister jusqu'aux prochaines épreuves et se traduire, le moment venu, dans les urnes ?


 


 


 


 

Par Pamphil

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