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GABON : ENTRE SOUVERAINETÉ MÉDIATIQUE ET DÉFIS ACTUELS DE LIBERTÉ DE LA PRESSE

GABON : ENTRE SOUVERAINETÉ MÉDIATIQUE ET DÉFIS ACTUELS DE LIBERTÉ DE LA PRESSE
Dans un environnement médiatique en transformation, le Gabon se trouve aujourd’hui au cœur d’un débat complexe : comment concilier autonomie informationnelle, liberté de la presse et responsabilité journalistique ?

Entre initiatives en faveur d’une souveraineté médiatique africaine et des défis concrets sur le terrain, le paysage des médias gabonais reflète les tensions entre ambition et réalité.


 La souveraineté médiatique : une ambition continentale avec Libreville comme plaque tournante


En novembre 2025, Libreville a accueilli la 10ᵉ réunion du Conseil exécutif de la Fédération atlantique des agences de presse africaines (FAAPA), un événement réunissant une trentaine d’agences de presse du continent autour de la question de la coopération et de l’autonomie médiatique africaine. Les représentants ont souligné l’importance de construire un écosystème médiatique africain capable de raconter l’Afrique avec ses propres voix et ses propres récits, sans dépendance excessive aux agences extérieures.


Le Gabon a réaffirmé son rôle de pôle régional de formation et d’innovation médiatique, avec une volonté affichée de soutenir le pluralisme, la professionnalisation des journalistes et la modernisation des infrastructures médiatiques.


Une amélioration mesurable, mais des défis persistants


Sur le plan international, les classements témoignent d’un progrès notable : selon le classement mondial de la liberté de la presse 2025 publié par Reporters sans frontières (RSF), le Gabon se classe 41ᵉ sur 180 pays, en forte progression ces dernières années.


Cette amélioration a été saluée par la délégation de RSF qui s’est rendue à Libreville pour rencontrer les autorités et lui adresser des recommandations précises pour renforcer l’exercice du journalisme libre et responsable. Parmi celles-ci : clarifier certains articles du code de la communication, renforcer la régulation indépendante de la presse et encourager un meilleur accès des journalistes à l’information publique.


Tensions et inquiétudes : liberté d’expression mise à l’épreuve


Cependant, le contexte n’est pas exempt de tensions. Ces derniers mois, des épisodes ont ravivé les inquiétudes sur l’ampleur réelle de la liberté de la presse au Gabon :



  • L’interpellation du journaliste Roland Olouba Oyabi par les services de sécurité à Libreville en janvier 2026 a suscité de vives réactions dans le milieu médiatique, certains y voyant une pression sur l’indépendance éditoriale.

  • Le bras de fer entre le syndicat des professionnels de la communication (SYPROCOM) et les médias publics autour de mouvements sociaux a rappelé les fragilités institutionnelles.

  • Enfin, la suspension indéfinie des réseaux sociaux et plateformes numériques par la Haute Autorité de Communication (HAC) – motivée par la lutte contre la désinformation mais dénoncée comme une restriction de l’expression – a généré des inquiétudes sur l’accès à l’information et la liberté d’expression numérique des citoyens.


Souveraineté médiatique vs liberté d’expression : un équilibre délicat


L’ambition de construire une souveraineté médiatique africaine invite à renforcer l’autonomie, la coopération et la qualité de l’information produite sur le continent. Toutefois, cette démarche doit s’accompagner d’un cadre garantissant des conditions effectives pour une presse libre, indépendante et protégée des ingérences politiques ou judiciaires.


La professionnalisation des journalistes, l’amélioration de l’accès aux sources, et une régulation médiatique équitable et transparente restent des priorités si le Gabon veut consolider sa position croissante dans le classement de la liberté de la presse tout en affirmant une voix africaine forte sur la scène internationale.

Par LINA M

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