LIBREVILLE SOUS DES EAUX TROUBLES
Libreville s’est réveillée mardi matin sous le choc. Dans la nuit de lundi à mardi, une pluie torrentielle, annoncée mais sous-estimée, s’est abattue sur la capitale gabonaise, accompagnée de violents orages. En quelques heures seulement, l’eau a envahi les rues, les concessions et les habitations, provoquant d’importantes inondations dans plusieurs quartiers. Les voies de circulation se sont rapidement transformées en torrents boueux, rendant les déplacements difficiles, voire impossibles.
Des quartiers pris de court
À Sibang, notamment dans la zone de l’Arboretum, les habitants ont été surpris par la brutalité du phénomène. Rien ne laissait présager une telle montée des eaux. « Nous sommes arrivés vers 2h33 du matin, et soudain tout était sous l’eau », témoigne un résident encore sous le choc. Pris au piège, de nombreux riverains ont dû se réfugier en urgence sur des terrains plus élevés pour échapper à l’inondation.
Le réveil dans le chaos
Au petit matin du mardi 27 janvier 2026, le spectacle était désolant. Matelas détrempés, vêtements et ustensiles de cuisine éparpillés, chaussures alignées au soleil dans l’espoir de les sauver, eau stagnante dans les cours : tel était le décor offert aux sinistrés de plusieurs quartiers de Libreville. À Sibang comme au PK12, les habitants tentaient tant bien que mal de nettoyer et de sauver ce qui pouvait encore l’être. Congélateurs, ventilateurs et autres appareils électroménagers figurent parmi les pertes les plus fréquentes.
Des dégâts matériels considérables
Si aucune perte en vie humaine n’a été signalée, les dégâts matériels sont jugés importants. « L’année passée, on avait déjà subi des inondations, mais jamais à ce niveau », confie un autre habitant. Beaucoup soulignent le caractère exceptionnel de la crue dans des zones habituellement épargnées, ce qui renforce le sentiment d’impréparation et d’injustice.
Colère contre les infrastructures défaillantes
Rapidement, les autorités locales ont dépêché des équipes sur le terrain pour constater les dégâts et tenter de dégager les eaux des principales voies. Mais sur place, la colère gronde. Les habitants dénoncent le manque d’entretien régulier des canalisations, jugées insuffisantes, ainsi que la lenteur des interventions. Certains pointent également du doigt des travaux réalisés à proximité de leurs habitations, qui auraient aggravé l’écoulement des eaux.
Une alerte de plus
Ces nouvelles inondations relancent le débat sur la gestion des eaux pluviales à Libreville. À chaque saison des pluies, les mêmes causes semblent produire les mêmes effets. Pour les sinistrés, cette catastrophe est un signal de plus : sans solutions durables, la capitale restera vulnérable face aux caprices du climat