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TROTTOIRS, SOULAGEMENT ET INQUIÉTUDE

TROTTOIRS, SOULAGEMENT ET INQUIÉTUDE
La construction de trottoirs

Ce vendredi 16 janvier 2026, notre rédaction a pu observer que des travaux d’aménagement urbain se multiplient dans la capitale gabonaise, Libreville, avec une attention particulière portée à la réhabilitation et à la création de trottoirs. Ces initiatives, destinées à combler un déficit historique en infrastructures piétonnes et à embellir les artères de la ville, sont accueillies avec enthousiasme par les populations. Toutefois, derrière ce soulagement légitime se cache une inquiétude persistante : la pérennité de ces ouvrages face à l’incivisme grandissant.


Un véritable soulagement pour la sécurité et l’esthétique urbaine


La construction de trottoirs sur des axes stratégiques, notamment la voie reliant Rio au feu tricolore STFO, a été chaleureusement saluée par les usagers. Autrefois dangereuses et peu praticables, ces zones offrent désormais aux piétons un espace sécurisé.


À STFO, Ntoutoume Ynine se réjouit de pouvoir enfin « marcher librement », sans craindre les dangers de la circulation ni les salissures. Au-delà de la sécurité, ces aménagements contribuent également à transformer le paysage urbain : les herbes folles et les zones délaissées cèdent peu à peu la place à des espaces propres et accueillants.


De son côté, Openda Guillame exprime un profond sentiment de satisfaction face à ces réalisations qu’il perçoit comme un signe concret de l’action gouvernementale. Selon lui, ces trottoirs symbolisent une nouvelle dynamique de modernisation de la ville, tout en appelant les citoyens à davantage de responsabilité :


« Le peuple est content, mais nous demandons aussi aux usagers d’être responsables, car trop souvent ce sont nous-mêmes qui détruisons ce que l’État met à notre disposition. »


Un levier dans la lutte contre l’insécurité.


Les bénéfices de ces aménagements vont bien au-delà de l’esthétique. La suppression des hautes herbes et l’éclairage amélioré ont contribué à réduire les zones d’ombre propices aux actes de banditisme.
Selon Mouély, certains secteurs autrefois infréquentables la nuit sont aujourd’hui plus sûrs :


« Avant, après 23 heures, on ne pouvait pas passer ici. Aujourd’hui, la situation s’est nettement améliorée. »


Pour de nombreux riverains, ces travaux participent ainsi activement à la lutte contre l’insécurité et redonnent confiance aux piétons.


L'incivisme et le stationnement abusif : le principal obstacle à la durabilité des ouvrages et à la sécurité des piétons.


Malgré ces avancées notables, une inquiétude majeure persiste : le non-respect des nouvelles infrastructures par certains citoyens. En effet, l’occupation illégale des trottoirs par les véhicules demeure l’un des problèmes les plus récurrents. Cette pratique contraint les piétons à se rabattre sur la chaussée, annulant les efforts consentis pour leur sécurité et transformant la route en véritable parcours du combattant.
De nombreux appels sont lancés aux autorités municipales afin que la réglementation soit strictement appliquée.


Insalubrité et manque de civisme.


Autre défi préoccupant : l’insalubrité. Sur plusieurs tronçons récemment aménagés, on observe déjà des dépôts d’ordures et, pire encore, des actes d’urination publique. Ces comportements portent atteinte à l’hygiène, à la dignité des lieux et à la santé publique.


Pour Obounou Eyi , le problème est avant tout culturel :


« Changer de mentalité est un défi pour le Gabonais. Pourtant, sans cela, tous ces efforts risquent d’être vains. »


Un constat amer, mais lucide, qui souligne l’urgence d’une véritable prise de conscience collective.


Préserver les acquis pour bâtir la ville de demain.


La réhabilitation et réalisation des nouveaux trottoirs de Libreville représentent une avancée majeure pour la sécurité, l’esthétique et la qualité de vie des habitants. Toutefois, l’usage durable repose autant sur la volonté des autorités que sur le comportement des citoyens.


Sans civisme, les investissements publics risquent de se transformer en efforts éphémères. Il est donc impératif de renforcer les campagnes de sensibilisation, d’appliquer les sanctions prévues par la loi et d’encourager un changement profond des mentalités.

Par NZENGUE BOULENDE

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