AUTOPSIE DE LA SITUATION
Les négociations entre le gouvernement gabonais et le collectif SOS Éducation se poursuivent au lycée public d’Alibadeng dans le 1er arrondissement de la commune de Libreville, dans un contexte de crise persistante du secteur éducatif. Jean Chrysostome Ndong Bekale, Porte de SOS Éducation, a réaffirmé l'importance de ces discussions , entamées le 10 janvier 2026, tout en soulignant la détermination du mouvement à maintenir la pression pour obtenir des solutions concrètes.
Un cadre de négociation inédit et une volonté de dialogue
Initialement dépourvu de cadre juridique, SOS Éducation a été reconnu par l'administration, qui a consenti à lui offrir une tribune d'expression, reconnaissant la légitimité de ses revendications. Cette ouverture a mené à des négociations tripartites, impliquant le ministre d’État ministre de l'Éducation nationale, les ministres de la Fonction publique et du Budget. Cette configuration est jugée inédite par les anciens syndicalistes, témoignant d'une volonté gouvernementale de trouver une issue rapide à la crise.
SOS Éducation et les autres syndicats ont mené une « autopsie de la situation », compilant les problèmes des enseignants, en synthétisant les différents points de revendications.
Maintien de la grève et stratégie de négociation
Contrairement aux pratiques passées, SOS Éducation n’attend pas déjà lever le mouvement de grève pendant les négociations. Cette position s'explique par la volonté d'éviter un « cycle de même-été », où la suspension de la grève pendant les négociations n'aboutissait pas à des solutions durables, rompant ainsi la dynamique de groupe des enseignants. Le collectif propose un « modèle particulier » où la négociation n'implique pas la suspension de la grève.
Akoma Daniel , point focal SOS Éducation de Lambaréné , insisté sur la nécessité d'être présent là où les décisions se prennent, même pour exprimer un désaccord. Les propositions du gouvernement seront transmises aux enseignants à la base, notamment à Lambaréné, et SOS Éducation se réserve le droit de ne pas être « transigeant » sur certains points. La balle est désormais dans le camp du gouvernement, qui doit proposer des solutions précises et concrètes pour sortir de la crise.
Revendications centrales et la position du « Tout ou Rien »
Les principales revendications de SOS Éducation se concentrent sur des situations administratives et financières critiques. Le mouvement souhaite ramener le débat sur des problèmes centraux tels que :
• La régularisation des situations administratives.
• Le paiement des rappels de soldes.
• La mise en place d'une mutuelle santé.
• L'amélioration des conditions de vie et de travail des enseignants.
Pour Jean Chrysostome Ndong Bekale « la stagnation des carrières est une préoccupation majeure, avec des enseignants stagiaires depuis 15 ans, voire 30 ans de carrière sans avoir perçu l'intégralité de leur solde. » Le cas des diplômés de l'École Normale Supérieure (ENS) qui attendent un poste budgétaire depuis 2018 est cité comme exemple de « désorganisation ».
La position du « tout ou rien » adoptée par SOS Éducation découle de l'insatisfaction face aux précédentes négociations. Le collectif estime que les enseignants méritent « tout ce qui participe à notre développement en tant qu'humain, en tant qu'enseignant ou rien ».
Prochaines étapes
La décision finale de SOS Éducation dépendra du « rendu de la négociation », qui va commencer ce mardi 13 janvier 2026. Les travaux préparatoires ont permis de compiler tous les préavis de grève pour une synthèse complète qui va être remise au gouvernement.