LA BULGARIE ET LES PAYS-BAS
Selon la note de conjoncture sectorielle publiée récemment par la Direction générale de l’économie et de la politique fiscale (DGEPF), la structure des dix principaux clients du Gabon a connu des évolutions notables. L’analyse des performances trimestrielles des exportations met en évidence une forte volatilité des échanges, mais aussi l’émergence de nouveaux partenaires commerciaux dans le peloton de tête.
Une dynamique contrastée entre 2024 et 2025
Au cours du second semestre 2024, les exportations gabonaises vers plusieurs de ses principaux clients ont affiché des reculs significatifs. Entre le troisième et le deuxième trimestre 2024, les exportations vers la Chine, premier partenaire commercial du Gabon, ont chuté de plus de 57 %. D’autres marchés traditionnels, comme l’Inde, l’Italie ou encore Israël, ont également enregistré des baisses notables sur la même période.
Cette tendance s’est partiellement inversée au dernier trimestre 2024. Les données montrent une reprise spectaculaire vers certains partenaires, notamment la Chine, avec une hausse de plus de 145 % entre le troisième et le quatrième trimestre 2024. Cette embellie reste toutefois inégale selon les pays, confirmant la dépendance des exportations gabonaises à des flux irréguliers, souvent liés aux produits de base.
Le premier trimestre 2025, un nouvelle donne
Le passage à l’année 2025 lance une nouvelle donne dans la hiérarchie des clients du Gabon. Entre le quatrième trimestre 2024 et le premier trimestre 2025, plusieurs partenaires historiques ont vu leurs importations reculer fortement. À l’inverse, certains pays affichent des progressions spectaculaires, traduisant un redéploiement géographique des débouchés gabonais.
C’est notamment le cas des Émirats arabes unis, de la Corée du Sud ou encore de la Bulgarie, dont les taux de croissance trimestriels atteignent des niveaux exceptionnels. Ces évolutions s’expliquent en partie par des contrats ponctuels, mais aussi par la diversification progressive des marchés d’exportation, encouragée par les autorités économiques.
Une recomposition accélérée au deuxième trimestre 2025
Entre le premier et le deuxième trimestre 2025, la recomposition des dix premiers clients du Gabon s’est accentuée. La note de la DGEPF souligne que cinq pays ont significativement renforcé leurs échanges avec le Gabon : la Bulgarie, les Pays-Bas, les Émirats arabes unis, la Corée du Sud et le Canada.
Les exportations vers le Canada et les Pays-Bas affichent notamment des hausses à trois chiffres, tandis que la Bulgarie se distingue par une progression exceptionnelle en glissement annuel. À l’inverse, certains marchés traditionnels enregistrent des replis marqués, confirmant une perte relative de poids dans le commerce extérieur gabonais.
Des performances annuelles spectaculaires mais déséquilibrées
En comparaison annuelle, entre le deuxième trimestre 2024 et le deuxième trimestre 2025, les données révèlent des variations extrêmes. Certains pays affichent des taux de croissance dépassant largement les 1 000 %, voire davantage, tandis que d’autres voient leurs échanges quasiment s’effondrer. Cette forte dispersion témoigne d’une base de comparaison parfois faible, mais aussi de la sensibilité des exportations gabonaises aux aléas des marchés internationaux.
Malgré ces fluctuations, la progression globale des exportations vers certains nouveaux partenaires traduit une volonté de diversification, même si celle-ci reste encore fragile et concentrée sur un nombre limité de produits.
Vers une diversification encore inachevée
La recomposition des dix premiers clients du Gabon entre le premier et le deuxième trimestre 2025 confirme une mutation progressive de la géographie commerciale du pays. L’émergence de nouveaux partenaires européens, asiatiques et nord-américains constitue un signal encourageant. Toutefois, la volatilité des chiffres rappelle que cette diversification demeure largement dépendante de facteurs conjoncturels.
Pour la DGEPF, l’enjeu à moyen terme est la consolidation de ces nouveaux marchés et la montée en gamme des exportations, afin de réduire la vulnérabilité du commerce extérieur gabonais aux chocs externes et aux fluctuations des cours internationaux.