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UN GROUPUSCULE NÉGOCIE AVEC LA TUTELLE

UN GROUPUSCULE NÉGOCIE AVEC LA TUTELLE
SOS ÉDUCATION reconduit sa grève nationale 2026, dénonçant le malaise éducatif. Aucune négociation officielle n’a commencé, décisions collectives validées par la base, refus des actions individuelles non autorisées.

Dans un contexte de tensions persistantes entre enseignants et ministère de l’Éducation nationale, le collectif SOS ÉDUCATION,  déterminé, a annoncé la reconduction de sa grève entamée en décembre 2025 sur l’ensemble du territoire national. Cette décision, prise lors de l’assemblée générale du samedi 10 janvier 2026 à l’école publique Martine OULABOU, dresse un tableau noir du malaise profond et ancien dans le secteur éducatif, qui n'a connu aucune amélioration.


Une grève reconduite à l’unanimité


Selon le communiqué officiel du collectif, la grève a été reconduite à l’unanimité par les membres présents lors de l’assemblée générale. Le mouvement n’est pas isolé mais revendique une portée nationale, avec pour objectif de trouver la solution aux revendications connues de longue date par le ministère de l’Éducation nationale.
Bien que le communiqué ne détaille pas toutes les demandes, il souligne que ces dernières existent depuis des décennies et restent non satisfaites, ce qui provoque des effets néfastes sur le moral des enseignants et sur la qualité de l’éducation. SOS ÉDUCATION insiste sur le fait que ces revendications sont publiques et connues de tous, y compris de l’administration, mais que plusieurs zones d’ombre subsistent.


Une structure horizontale : pas de leader, pas de représentant


SOS ÉDUCATION se distingue par son organisation horizontale, où aucune figure centrale ne mène la danse. « SOS ÉDUCATION n’a aucun leader, aucun représentant, la décision reste à la base », précise le communiqué. Cette configuration originale, inspirée de modèles participatifs, implique que toutes les décisions majeures, comme la reconduction de la grève, sont prises collectivement par les enseignants réunis lors des assemblées générales.
L’objectif est d’éviter que des comportements véreux ou corrompus ne viennent gâcher l’esprit collectif. Cependant, ce mode de fonctionnement peut également générer des tensions lorsque certains actes individuels, divergents de la base, font tache d’huile et compromettent l’unité du mouvement.


Une dissidence au sein du collectif


Le communiqué dénonce un incident récent : certains enseignants ont déposé un cahier de charges auprès de la tutelle en inscrivant leurs numéros de téléphone, sans l’accord de la base. Pour SOS ÉDUCATION, ce geste constitue une bévue qui fait mouche contre l’image de la profession.
Selon les responsables du collectif, ce type de comportement agit comme un fossoyeur de la confiance et peut avoir des effets néfastes sur la mobilisation. « Le collectif s’inscrit en faux sur cette démarche et condamne avec le couteau entre les dents de tels comportements », indique le texte, soulignant le caractère sérieux et radical de la réaction face aux errements individuels.


La réponse à la tutelle


Face à cette situation, SOS ÉDUCATION appelle le ministère de l’Éducation nationale à respecter les conclusions de l’assemblée générale du 10 janvier 2026. Le collectif insiste sur le fait qu’aucune négociation officielle n’a débuté et que tout ce qui circule en dehors des cadres collectifs ne reflète pas la position de l’ensemble des enseignants. 
Le communiqué évoque également le risque que ces initiatives individuelles ressemblent à une manoeuvre qui détournerait l’attention des enjeux réels. Les sons de cloches divergents, selon le collectif, ne font que multiplier le mystère autour du mouvement et exacerber les tensions.


Un rappel des valeurs du collectif


Le communiqué fait un point sur les valeurs fondamentales de SOS ÉDUCATION :
Décision collective : chaque action doit être validée par la base.
Transparence et unité : aucun leader ou représentant ne doit décider unilatéralement.
Respect de la discipline interne : éviter les actions individuelles qui pourraient gâcher le mouvement.
Les responsables du collectif soulignent que ces principes sont essentiels pour endiguer les errements et maintenir la crédibilité du collectif. Le communiqué dresse un tableau noir des comportements bureaucratiques persistants et ironise : « les vieilles habitudes ont la peau dure », mais la démarche reste sur la même longueur d’onde que la volonté de la base.


Une mobilisation qui perdure


La reconduction de la grève nationale montre que le malaise dans l’éducation publique reste profond et durable. La situation agit comme un couteau en travers de la gorge pour le ministère, qui semble incapable de lever les entraves à ses revendications. Les revendications anciennes, évoquées depuis plusieurs décennies, reflètent une accumulation de frustrations liées aux conditions de travail difficiles, aux salaires insuffisants et à la reconnaissance professionnelle limitée.
La grève illustre également la capacité d’un collectif sans leader à organiser un mouvement d’ampleur nationale, malgré les effets néfastes possibles des comportements individuels. SOS ÉDUCATION agit, à ses risques et périls, pour protéger l’éducation publique, même dans un contexte parfois clairsemé et délabré.


Seules les décisions validées par la base sont légitimes


Le message de SOS ÉDUCATION est sans ambiguïté : la grève continue jusqu’à satisfaction des revendications, et seules les décisions validées par la base sont légitimes. Tout acte individuel ou hors cadre est considéré comme une dérive et rejeté par le collectif.
Ce communiqué, au chevet du système éducatif, montre la difficulté de maintenir l’unité dans un mouvement collectif tout en exerçant une pression efficace sur le ministère. Entre sons de cloches divergents et errements de certains, l’éducation publique reste au centre d’un bras de fer qui pourrait déterminer l’avenir des réformes éducatives dans le pays.


Les statistiques


Dans les écoles gabonaises, le nombre d’enseignants varie fortement selon les niveaux d’enseignement. Au cycle pré‑primaire/préscolaire, environ 6 224 enseignants sont recensés (total public + privé) avec une majorité de femmes, reflétant la tendance féminine du corps enseignant. Au primaire, l’annuaire statistique fait état de près de 10 935 enseignants au niveau national (avec proportion féminine plus élevée que masculine), indiquant qu’environ 57 % des enseignants sont des femmes, selon les données sectorielles. Dans le secondaire général, environ 1 040 enseignants sont comptabilisés au niveau national, avec une représentation féminine plus faible qu’au primaire. Le secondaire technique et professionnel compte aussi plusieurs centaines d’enseignants spécialisés. 
Ces chiffres se reflètent dans les grandes villes du pays comme Libreville, Port‑Gentil, Franceville et Oyem, où les académies provinciales recrutent selon la densité scolaire. Les femmes dépassent légèrement les hommes dans l’ensemble du corps enseignant national, notamment au primaire, tandis que les hommes sont proportionnellement plus présents dans le secondaire technique. 


 


 

Par Pamphil

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