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À QUI FAIRE CONFIANCE ?

À QUI FAIRE CONFIANCE ?
À Libreville, la consommation extérieure suscite des doutes sur l'hygiène alimentaire. L'affaire Belle Vue 1 souligne l'importance de choisir des établissements fiables pour éviter les toxi-infections. Restez vigilant !

À Libreville, manger hors de chez soi est devenu une routine pour des milliers de travailleurs, d’élèves et de familles. Faute de temps ou par commodité, les cafétérias et petits restaurants de quartier rythment le quotidien. Mais derrière cette habitude bien ancrée se cache une inquiétude grandissante : peut-on encore manger à l’extérieur en toute confiance ?


Habitudes alimentaires, confiance fragilisée


L’affaire récente de la cafétéria de Belle Vue 1, dans le 1er arrondissement de Libreville, est venue raviver les doutes. Une inspection inopinée menée par la Délégation provinciale de l’Estuaire de l’AGASA (Agence gabonaise de sécurité alimentaire) a mis au jour de graves défaillances, conduisant à la mise sous scellés immédiate de l’établissement.


Belle Vue 1, l’insalubrité de trop


Selon le rapport des services de contrôle, les manquements constatés étaient nombreux et préoccupants : absence d’agrément sanitaire, absence de certificats médicaux pour le personnel, insalubrité du milieu, matériel non conforme et mal entretenu, mauvaises conditions de conservation des denrées, présence de nuisibles et non-respect des bonnes pratiques d’hygiène.


« Quand on a vu les agents sceller la cafétéria, beaucoup de clients ont compris qu’ils avaient échappé au pire », confie un riverain de Belle Vue 1. Pour lui, comme pour d’autres habitants du quartier, cette fermeture a été un électrochoc. « On mangeait là presque tous les jours. On ne se doutait pas de ce qui se passait derrière », ajoute-t-il.


Des consommateurs entre confiance et résignation


Dans les quartiers populaires ACAE, SODUCO, la Zone Industrielle d'Oloumi, Glass, Louis, Akébé et Lalala, Nzeng-Ayong, Bellevue, Oloumi, Okala, Ozoungué, les zones des PK , comme dans les zones administratives, les usagers reconnaissent qu’ils n’ont pas toujours le luxe de choisir. « On mange où on peut, surtout quand on travaille toute la journée », explique Jeanne, employée de bureau. « On fait confiance, mais c’est une confiance forcée. »


Cette résignation est largement partagée. Beaucoup admettent ne pas vérifier l’état des cuisines ou l’origine des aliments. « On regarde juste si la nourriture est chaude et si le prix est abordable », reconnaît un étudiant interrogé. Pourtant, cette confiance aveugle peut coûter cher.


Quand l’hygiène fait défaut, la santé trinque


Les établissements non conformes exposent les consommateurs à des toxi-infections alimentaires, souvent banalisées, mais parfois graves. Diarrhées aiguës, vomissements, fièvres, douleurs abdominales ou déshydratation sont les symptômes les plus courants. Chez les enfants, les personnes âgées ou les malades chroniques, les conséquences peuvent être plus sévères.


Au-delà de la souffrance humaine, les coûts de soins pèsent lourdement sur les ménages. Consultations médicales, médicaments, examens biologiques, voire hospitalisations représentent des dépenses imprévues dans un contexte économique déjà tendu. « Un simple repas peut finir par coûter plusieurs dizaines de milliers de francs CFA en soins », alerte un agent de santé.


Les signaux d’alerte à ne plus ignorer


Face à ces risques, les spécialistes insistent sur la nécessité pour les consommateurs d’être plus vigilants. Certains signes doivent immédiatement alerter :


un environnement sale ou mal entretenu ;


la présence de mouches, de cafards ou de rongeurs ;


des odeurs suspectes ;


des aliments exposés à l’air libre sans protection ;


du personnel sans tenue adéquate ni gants ;


l’absence visible d’un agrément sanitaire.


« Si un établissement ne respecte pas les règles de base, il vaut mieux faire demi-tour, même si on a faim », conseille un riverain de Belle Vue.


Mission de protection de la santé publique


« Manger en toute sécurité est un droit, pas une option » Ce principe guide l’action de l’AGASA, qui, fidèle à sa mission de protection de la santé publique, affirme maintenir une vigilance stricte face aux manquements qui exposent les populations à des risques évitables.


Dans le cas de Belle Vue 1, la gravité et le cumul des infractions ne laissaient « aucune place au compromis ». La mise sous scellés de l’établissement visait à prévenir tout risque sanitaire et à envoyer un message clair aux opérateurs : la négligence ne sera pas tolérée.


Comment les consommateurs peuvent-ils se protéger ?


La protection commence par l’information et le refus de banaliser l’insalubrité. Les consommateurs sont encouragés à :


privilégier les établissements régulièrement contrôlés ;


signaler aux autorités compétentes toute situation suspecte ;


éviter les lieux où l’hygiène semble approximative ;


sensibiliser leur entourage, notamment les plus jeunes.


La responsabilité est partagée. Si les autorités doivent renforcer les contrôles, les opérateurs doivent respecter la réglementation, et les consommateurs apprendre à dire non.


 


 


 

Par Pamphil

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