EN RECUL DE 14,8 %
Le secteur des Bâtiments et Travaux publics (BTP) occupe une place centrale dans l’économie gabonaise. Il est à la fois créateur d’emplois, moteur de la commande publique et levier de modernisation des infrastructures. Selon la note de conjoncture sectorielle publiée par la Direction générale de l’Économie et de la Politique fiscale, l’évolution récente du chiffre d’affaires du secteur illustre une dynamique contrastée mais porteuse d’espoir.
À l’issue du deuxième trimestre 2025, l’indice du chiffre d’affaires des BTP aurait enregistré un retournement de –14,8 % en glissement trimestriel. Cette baisse apparente ne doit toutefois pas masquer une amélioration globale, avec un gain cumulé de 32,3 points de croissance sur la période analysée.
Une tendance de fond positive
La contraction observée au deuxième trimestre 2025 s’explique notamment par des retards administratifs, des ajustements budgétaires et la fin de certains chantiers arrivés à maturité. Toutefois, l’analyse détaillée révèle que cette évolution s’inscrit dans un cycle de transition, marqué par la poursuite des projets structurants engagés par les autorités.
Les travaux de voiries urbaines, les projets d’adduction en eau potable, la réhabilitation de la route nationale, ainsi que la construction de la cité administrative montrent la continuité de l’investissement public. Par ailleurs, plusieurs études techniques et de faisabilité ont été lancées pour de nouveaux projets, préparant ainsi les futures phases de travaux.
Nouvelle orientation politique pour les BTP
Depuis août 2023, le gouvernement a multiplié les décisions pour redynamiser le secteur des BTP et en améliorer la gouvernance. Des audits des chantiers publics ont été engagés afin d’évaluer l’état d’avancement réel des projets et de lutter contre les abandons de chantiers.
Des séminaires et ateliers sectoriels réunissant administrations, entreprises du BTP et partenaires techniques ont également été organisés pour identifier les freins structurels du secteur : retards de paiement, faiblesse du financement local, dépendance à l’expertise étrangère.
Dans cette dynamique, plusieurs textes réglementaires et instructions gouvernementales ont insisté sur la rationalisation de la commande publique, la priorisation des projets à fort impact social et la maîtrise des coûts.
La préférence nationale au cœur des réformes
L’un des axes majeurs des réformes engagées concerne la promotion des entreprises gabonaises du BTP. Le gouvernement a réaffirmé le principe de la préférence nationale dans l’attribution des marchés publics, conformément aux orientations des autorités de transition.
Des mesures ont été annoncées pour favoriser l’accès des PME gabonaises aux marchés, notamment par le fractionnement des lots, la réduction de certaines garanties financières et l’encadrement de la sous-traitance étrangère.
L’objectif est de permettre aux entreprises locales de monter en compétences, de créer davantage d’emplois et de capter une plus grande part de la valeur ajoutée générée par les investissements publics.
Renforcement des capacités et la formation professionnelle
Conscient des défis liés à la qualification de la main-d’œuvre, le gouvernement a également mis l’accent sur la formation. Des partenariats entre les ministères techniques, les centres de formation professionnelle et les entreprises du BTP ont été encouragés.
Des colloques sectoriels ont mis en avant la nécessité de former des ingénieurs, techniciens et ouvriers gabonais dans les métiers du bâtiment, des routes, de l’hydraulique et des travaux publics, afin de réduire la dépendance aux compétences étrangères.
Un impact budgétaire maîtrisé mais significatif
Sur le plan budgétaire, la poursuite des chantiers engagés représente un effort financier important pour l’État. Toutefois, les autorités cherchent à mieux planifier les décaissements et à étaler les dépenses afin de préserver les équilibres macroéconomiques.
Le recours aux partenariats public-privé, la recherche de financements extérieurs et l’amélioration de la gestion des projets visent à limiter les surcoûts et à maximiser l’impact des investissements.
Des perspectives encourageantes malgré les défis
Malgré les difficultés conjoncturelles, les perspectives du secteur des BTP restent globalement positives. Le gain de 32,3 points de croissance observé sur la période sous revue traduit la volonté politique de maintenir les investissements structurants. À moyen terme, la poursuite des chantiers et le démarrage de nouveaux projets devraient soutenir l’activité, l’emploi et la croissance économique, à condition que les réformes engagées soient effectivement mises en œuvre.
Le secteur a gagné 32,3 points de croissance
Quand on dit que l’indice du chiffre d’affaires des BTP a baissé de 14,8 % au deuxième trimestre 2025, cela signifie que, sur trois mois, les entreprises du bâtiment et des travaux publics ont gagné moins d’argent qu’au trimestre précédent. Cela peut venir de retards dans les travaux, de paiements tardifs ou de chantiers qui se terminent.
Mais il y a aussi une bonne nouvelle : sur l’ensemble de la période, le secteur a gagné 32,3 points de croissance. Cela montre que, malgré les difficultés, l’activité des BTP progresse sur le long terme.
Pour l’économie gabonaise
Le secteur des BTP est très important. Quand il fonctionne bien, il crée des emplois, fait travailler d’autres secteurs (transport, matériaux, services) et aide la croissance du pays. La poursuite des chantiers montre que l’État veut soutenir l’économie.
Pour le budget de l’État
Les travaux coûtent cher à l’État. Cela augmente les dépenses publiques. Mais ces dépenses sont aussi des investissements. Si les projets sont bien gérés, ils peuvent améliorer les routes, l’eau potable et les bâtiments publics, ce qui est bon pour le développement du pays.
Pour les populations gabonaises
Pour les citoyens, cela signifie plus de routes réparées, plus d’accès à l’eau potable et de meilleurs services publics. Cela crée aussi des emplois, surtout si les entreprises gabonaises sont favorisées. Même si tout n’est pas encore parfait, ces chiffres montrent que le gouvernement continue d’investir pour améliorer les conditions de vie des populations.