CE QUI VA CHANGER POUR LES GABONAIS
Sous la présidence du vice-président du gouvernement par intérim, Henri-Claude Oyima, le conseil interministériel s’est tenu durant plus de sept heures d’horloge. Cette importante rencontre gouvernementale a permis d’examiner 25 projets de textes législatifs et réglementaires touchant directement à la vie de la nation gabonaise. L’objectif principal était de passer au crible des projets essentiels avant leur transmission au Conseil des ministres.
Des projets de lois, ordonnances et décrets examinés
Au total, 16 projets de décret, 6 projets d’ordonnance et 3 projets de loi ont été analysés. Ces textes couvrent plusieurs domaines majeurs, notamment la gouvernance économique, l’administration publique, le numérique, l’emploi et les infrastructures. Chaque projet a fait l’objet d’un examen minutieux par les membres du gouvernement.
La transparence économique au cœur des débats
Parmi les textes examinés figurent ceux relatifs au registre des bénéficiaires effectifs en République gabonaise. Ce registre vise à renforcer la transparence dans la création et le fonctionnement des entreprises. Un autre texte important concerne l’obligation d’implantation d’un siège social pour les sociétés immatriculées au Gabon, afin de renforcer la présence réelle des entreprises sur le territoire national.
Renforcement de l’administration publique
Le conseil s’est également penché sur des textes relatifs à l’attribution de la fonction de secrétaire général de ministère, ainsi qu’aux modalités de prise en charge budgétaire de cette fonction. De plus, la prise en charge par le budget de l’État du traitement des gouverneurs dans l’exercice de leurs fonctions a été examinée, traduisant une volonté d’améliorer le fonctionnement de l’administration territoriale.
Focus sur le projet minier de Belinga
Une partie importante des discussions a porté sur le développement du gisement de fer de Belinga. Les textes concernent la construction, l’exploitation et la gestion des infrastructures associées, ainsi que l’institution d’une taxe spéciale pour le développement de la mine et des infrastructures connexes. Ce projet est présenté comme un levier majeur de développement économique et de création d’emplois.
Numérique, innovation et start-up
Le conseil interministériel a aussi examiné des projets liés à la promotion des start-up, à la transformation digitale, aux paiements numériques, à la signature électronique et à l’archivage numérique. Ces textes visent à moderniser l’économie gabonaise et à favoriser l’innovation, notamment chez les jeunes entrepreneurs.
Emploi des jeunes et communications sectorielles
Les membres du gouvernement ont présenté 21 communications sectorielles, dont plusieurs relatives à l’autoemploi des jeunes Gabonais dès l’âge de 18 ans. Ces dossiers seront soumis à la haute attention du Président de la République, Brice Clotaire Oligui Nguema, lors du prochain Conseil des ministres, le dernier de l’année.
Une meilleure coordination entre les ministères
Les conseils interministériels permettent une meilleure coordination entre les ministères. Ils favorisent une analyse collective des projets de textes avant leur adoption définitive. Ces réunions renforcent la cohérence de l’action gouvernementale, évitent les contradictions entre politiques publiques et améliorent la qualité des décisions. Ils permettent aussi d’anticiper les impacts économiques et sociaux des réformes. Enfin, ces conseils accélèrent le processus décisionnel et garantissent que les dossiers soumis au Conseil des ministres soient déjà mûrs et bien structurés.
Textes législatifs majeurs et leurs avantages
1. Registre des bénéficiaires effectifs
Il améliore la transparence économique, lutte contre le blanchiment d’argent et renforce la confiance des investisseurs.
2. Siège social obligatoire au Gabon
Il favorise l’emploi local, augmente les recettes fiscales et renforce l’ancrage des entreprises dans l’économie nationale.
3. Développement du fer de Belinga
Il stimule la croissance, crée des emplois, développe les infrastructures et dynamise les zones rurales.
4. Promotion des start-up et du numérique
Elle encourage l’innovation, facilite l’entrepreneuriat des jeunes et modernise les services publics et privés.
L’autoemploi au Gabon : 50 à 60 % des actifs gabonais impliqués
On estime que plus de 50 à 60 % des actifs gabonais évoluant dans l’autoemploi ou le secteur informel. Les Gabonais sont majoritairement autoemployés dans le commerce, l’agriculture, le transport, l’artisanat et les services. Les revenus mensuels sont très variables, allant souvent de 50 000 à 150 000 FCFA, parfois moins. Les principales difficultés sont l’accès au financement, l’absence de protection sociale, la précarité des revenus, le manque de formation et la faiblesse des débouchés. Malgré cela, l’autoemploi reste un moyen essentiel de survie économique.