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BARRAGES, RÉSEAUX, ÉQUIPEMENTS

BARRAGES, RÉSEAUX, ÉQUIPEMENTS
SEEG Gabon lance un chantier colossal pour rétablir eau et électricité : barrages, réseaux et équipements modernisés en deux ans afin de mettre fin aux délestages et pénuries à Libreville durablement.

Assurant l’intérim du ministre de l’Accès universel à l’eau et à l’énergie, Gilles Nembé, ministre des Mines et des Ressources géologiques, a présidé hier, au siège de la Société d’énergie et d’eau du Gabon (SEEG), un mini-séminaire de travail consacré à l’amélioration du service public de l’eau et de l’électricité. Cette rencontre avait pour objectif d’évaluer l’état d’avancement de la feuille de route assignée à la SEEG, d’en mesurer l’efficacité et surtout d’identifier les ajustements techniques nécessaires pour mettre fin aux délestages et aux pénuries d’eau.


Deux ans. C’est le délai accordé par l’État gabonais à la SEEG pour rétablir durablement la continuité du service. À mi-parcours, le ministre est venu poser une question simple mais très importante : le réseau peut-il, techniquement, répondre à la demande nationale ? Derrière cette interrogation se cache un vaste chantier d’infrastructures, de renouvellement d’équipements et d’investissements lourds.


Un réseau et des défis structurels majeurs


À Libreville, la situation reste critique. La demande quotidienne en eau potable est estimée à environ 230 000 m³ par jour, alors que la capacité de production actuelle plafonne autour de 150 000 à 160 000 m³. Le déficit avoisine donc 70 000 à 80 000 m³ par jour, expliquant les coupures récurrentes dans plusieurs quartiers de la capitale.


Sur le plan électrique, le constat est similaire. Le Grand Libreville compte près de 900 000 habitants, mais près de 250 000 à 300 000 personnes subissent encore des délestages fréquents ou une alimentation instable. La puissance disponible ne suit plus la croissance démographique et urbaine, avec un déficit estimé à 80 à 100 MW aux heures de pointe.


Ces difficultés sont aggravées par la vétusté des installations. Une partie du réseau de distribution date de plus de 30 à 40 ans, avec des canalisations corrodées, des postes de transformation saturés et des câbles électriques devenus obsolètes.


Barrages et production : la clé de la relance


Pour répondre à ces insuffisances, l’État et la SEEG misent sur la construction et la réhabilitation de barrages stratégiques. Parmi les projets majeurs figurent :



  • Le barrage de Kinguélé Aval, en cours de finalisation, destiné à renforcer l’alimentation électrique de Libreville ;

  • Le barrage de Ngoulmendjim, dont la mise en service est attendue pour augmenter significativement la capacité nationale de production ;

  • La réhabilitation des installations de Tchimbélé et Kinguélé, essentielles pour sécuriser l’approvisionnement existant.


Dans le secteur de l’eau, des projets de nouvelles stations de pompage et de traitement sont également à l’étude, notamment pour renforcer la production sur les axes Ntoum–Libreville et Owendo.


Des équipements à renouveler de fond en comble


Au-delà des barrages, le chantier est aussi technique. La SEEG doit remplacer plusieurs équipements vétustes, parmi lesquels :



  • Les postes de transformation électrique surchargés ;

  • Les câbles moyenne et basse tension, responsables de pertes importantes ;

  • Les groupes électrogènes thermiques, coûteux et peu fiables ;

  • Les canalisations d’eau anciennes, à l’origine de fuites estimées à plus de 40 % de l’eau produite.


Selon des estimations internes, le montant global des investissements nécessaires pour moderniser les réseaux d’eau et d’électricité dépasserait 600 à 800 milliards de francs CFA sur plusieurs années. Un effort financier colossal, mais jugé indispensable pour atteindre les objectifs fixés par le gouvernement.


Deux ans, un calendrier serré mais capital


Pour Gilles Nembé, l’enjeu est capital : la réussite de la SEEG est une responsabilité collective.


« Si la SEEG échoue, c’est toute la chaîne qui aura failli »


a-t-il martelé devant les techniciens et les dirigeants de la société. Le calendrier est serré, mais le ministre appelle à des choix réalistes, basés sur des solutions techniques concrètes et finançables.


D’ici deux ans, la réussite passera par la mise en service effective des barrages, le renouvellement accéléré des équipements critiques et une meilleure planification des investissements. À ce prix, la SEEG pourra espérer transformer durablement le réseau et répondre enfin aux attentes des usagers gabonais : de l’eau potable au robinet et de l’électricité sans coupure.


 


 

Par Pamphil

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