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LAISSE POURRIR

LAISSE POURRIR
Au-delà des intempéries, c’est surtout l’inaction durable des autorités du ministère des Travaux publics qui transforme aujourd’hui les trajets sur les nationales 1 et 2 en véritable calvaire.

La saison des pluies, déjà redoutée pour ses inondations et ses glissements de terrain, s’est une nouvelle fois révélée être l’ennemi numéro un des routes gabonaises. Mais au-delà des intempéries, c’est surtout l’inaction durable des autorités du ministère des Travaux publics qui transforme aujourd’hui plusieurs trajets sur les nationales 1 et 2 en véritable calvaire. Les tronçons Bifoun-Lambaréné, Bifoun-Ndjolé ou encore Ndendé-Tchibanga, Bouée-Lastourville, Lébamba - Mbigou, Iboundji-Koulamoutou, Koumameyong-Booué pourtant essentiels à la circulation des personnes et des marchandises, se dégradent à vue d’œil sans qu’aucune réponse structurelle ne soit apportée.


À chaque pluie, les nids-de-poule deviennent des cratères, les fossés s’élargissent, les couches de bitume disparaissent par pans entiers. Les automobilistes, habitués à adapter leurs itinéraires ou à rouler au pas, illustrent un même sentiment : l’abandon. « On dirait que le ministère des Travaux publics attend que la route cède complètement », lâche un chauffeur de bus de voyage, habitué à passer des heures sur des tronçons autrefois rapides. Les retards s’enchaînent, les pannes se multiplient, et les risques d’accidents augmentent.


Ce qui indigne le plus les usagers, c’est l’absence d’entretien régulier et de suivi des travaux. Quelques engins apparaissent parfois au début de la saison sèche, brassent un peu de terre, puis disparaissent aussitôt. Les chantiers ouverts restent à l’abandon, sans signalisation, laissant les automobilistes se débrouiller au milieu de tranchées improvisées. Les solutions temporaires — un camion de latérite déversée à la hâte — ne tiennent jamais plus de quelques semaines.


Pourtant, ces axes sont vitaux : économiques, sociaux, stratégiques. Ils relient les grandes villes, alimentent les marchés, désenclavent des provinces et des communes entières. Les laisser dépérir revient à paralyser le pays, avec des conséquences directes sur les prix des denrées, la mobilité des populations et la sécurité des voyageurs.


Face à cette dégradation avancée, les autorités du ministère des Travaux publics semblent se contenter d’annonces ponctuelles et de promesses de rénovation globale. Mais sur le terrain, rien ne change. Chaque saison des pluies aggrave un peu plus la situation, et chaque mois qui passe rend les réparations plus coûteuses, plus longues, plus complexes.


Si aucune solution urgente et durable n’est déployée, les tronçons déjà critiques pourraient devenir un jour quasiment impraticables. Et c’est tout un pays qui, une fois de plus, paiera le prix de cette inertie prolongée.


 

Par Pamphile EBO

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