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TAUX D’EXÉCUTION FAIBLE

TAUX D’EXÉCUTION FAIBLE
Les exercices budgétaires récents l’illustrent clairement : en 2023, le taux d’exécution des investissements avait plafonné autour de 50 %.

Adoptée définitivement par le Parlement de transition, la loi de finances 2026 s’annonce comme l’une des plus ambitieuses jamais présentées au Gabon. Avec un budget global de 6 658 milliards de FCFA et une enveloppe d’investissements dépassant 2 119 milliards, le gouvernement promet une accélération de la transformation économique, articulée autour de six piliers allant de l’énergie à l’industrialisation. Mais derrière l’ampleur des chiffres, une question persiste : comment absorber un volume d’investissements que l’administration peine déjà à exécuter depuis plus de dix ans ?


Car l’écart entre ambitions et réalisations est désormais structurel. Les exercices budgétaires récents l’illustrent clairement : en 2023, le taux d’exécution des investissements avait plafonné autour de 50 %. En 2024 et 2025, il s’est maintenu dans une fourchette similaire, oscillant entre 40 % et 60 % selon les rapports officiels. Autrement dit, près de la moitié des crédits votés n’ont jamais été consommés.


Les causes sont bien identifiées : retards chroniques dans la passation des marchés, lourdeur administrative, gouvernance défaillante et manque de suivi opérationnel. Rien ne garantit que les blocages soient levés à l’heure où l’exécutif annonce pour 2026 un volume d’investissements presque deux fois supérieur à ce qui est réellement absorbé en moyenne chaque année.


L’enthousiasme affiché par les autorités contraste avec la réalité des capacités d’exécution. Le budget prévoit en parallèle un besoin de financement colossal, 2 119 milliards de FCFA selon la version adoptée par le Sénat, alors même que des crédits précédemment alloués n’ont pas été utilisés. Cette contradiction interroge la logique d’accumulation des plans d’investissement successifs : pourquoi mobiliser davantage de ressources si les montants déjà disponibles peinent à être transformés en projets concrets ?


Les parlementaires eux-mêmes n’ont pas ignoré ces limites. En adoptant le texte, le Sénat a formulé plusieurs recommandations, notamment sur la fiscalité forestière, preuve que les arbitrages économiques restent fragiles.


En définitive, le PLF 2026 confirme une tendance récurrente : des ambitions de modernisation toujours plus élevées, mais une capacité d’exécution qui, elle, demeure étonnamment stable, et insuffisante. Le véritable défi de 2026 ne sera pas de financer les projets, mais de les réaliser réellement.





 

Par Pamphile EBO

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