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PEINENT À REJOINDRE LES RÉALITÉS QUOTIDIENNES

PEINENT À REJOINDRE LES RÉALITÉS QUOTIDIENNES
Alors que le gouvernement promet “un accès régulier” à l’eau potable et à l’électricité, Libreville continue de subir des coupures quotidiennes.

Adoptée à l’unanimité par le Sénat de la transition, la loi de finances 2026, forte de 6 658,2 milliards de FCFA, dont 2 119 milliards d’investissements, et basée sur une croissance projetée de 6,5 %, se présente comme le socle d’une transformation profonde du Gabon. Six piliers, de l’eau à l’industrialisation, doivent accompagner cette mutation. Mais sur le terrain, un constat s’impose : les ambitions budgétaires peinent encore à rejoindre les réalités quotidiennes.


Eau et électricité, pilier n°1… mais crise persistante
Alors que le gouvernement promet “un accès régulier” à l’eau potable et à l’électricité, Libreville continue de subir des coupures quotidiennes. À Port-Gentil, les habitants évoquent des pénuries cumulées de plusieurs jours, et Franceville connaît encore des interruptions répétées. En 2024–2025, les travaux annoncés pour sécuriser la production et la distribution sont restés partiels, loin de résoudre les ruptures chroniques qui touchent des dizaines de milliers de foyers.


Santé : un sous-équipement qui s’installe
Le troisième pilier, consacré à la santé, souffre d’un écart encore plus visible entre promesse et réalité. La prise en charge des patients bat de l’aile. Les hôpitaux régionaux manquent de matériel de base ; plusieurs centres enregistrent des ruptures régulières de médicaments essentiels. Les évacuations sanitaires, censées diminuer, continuent d’absorber une part notable du budget social.


Éducation : salles surchargées, chantiers en retard
Si le texte met l’accent sur la formation et l’insertion des jeunes, le terrain montre l’inverse. Dans certaines communes du Grand Libreville, les classes dépassent encore les 70 élèves, faute d’enseignants en nombre suffisant. Les chantiers de nouvelles écoles, annoncés dès 2023, n’avancent qu’au ralenti.


Numérique : ambitions fortes, accès faible
Le pilier numérique multiplie les annonces — fibre, plateformes administratives, modernisation des services — mais dans de nombreuses provinces, la connectivité reste irrégulière et l’usage administratif quasi inexistant.


Un choix stratégique interrogé
Avec un besoin de financement supérieur à 2 000 milliards de FCFA, la priorité donnée à l’industrialisation interroge : comment accélérer des pôles de croissance alors que les services essentiels restent fragiles ?


En définitive, la loi de finances 2026 se veut “structurelle”. Mais tant que les piliers du quotidien, eau, santé, école, vacilleront, l’ambition nationale demeurera, elle aussi, en déséquilibre.


 

Par Pamphile EBO

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