QUE CHANGE CET ACCORD ?
La signature du protocole d’accord entre le Gabon et la France, actée le 24 novembre lors de la visite d’État du président Emmanuel Macron, constitue une étape très importante dans la modernisation du Chemin de fer Transgabonais. Appuyé par une convention de crédit de l’Agence française de développement (AFD) et financé en partie par des fonds délégués de l’Union européenne, ce partenariat donne un nouvel élan à une infrastructure vitale pour l’économie nationale.
Des modernisations lourdes et ciblées
L’accord prévoit d’abord une rénovation profonde des voies. Plusieurs sections fragilisées par le temps et les conditions climatiques seront entièrement renouvelées afin de réduire les ralentissements et améliorer la capacité de trafic. La signalisation connaîtra également une mise à niveau majeure, avec l’installation de systèmes numériques plus fiables permettant une meilleure gestion des circulations et une réduction des risques d’erreurs humaines.
Côté matériel roulant, la Setrag devrait renforcer sa flotte par l’acquisition de locomotives et voitures modernisées, optimisées pour les longues distances et les charges lourdes. En parallèle, un important volet sécurité est prévu : amélioration des talus, renforcement des ouvrages d’art, dispositifs anti-collision, formation accrue des équipes.
Répondre à des difficultés devenues structurelles
Le Transgabonais traîne depuis plusieurs années des problèmes récurrents : vétusté des rails, ralentissements fréquents, et surtout une série d’incidents et accidents liés à l’état du réseau ou aux conditions météorologiques. En s’attaquant aux infrastructures les plus vulnérables, l’accord entend fiabiliser le corridor ferroviaire et sécuriser les flux de marchandises — notamment miniers — tout en améliorant la ponctualité des trains voyageurs.
Un calendrier progressif, des montants conséquents
Selon les premières orientations, les priorités portent sur les tronçons les plus critiques entre Ntoum et Ndjolé, avant un déploiement vers l’intérieur du pays. Les travaux devraient s’échelonner sur cinq à six ans, avec une phase initiale consacrée aux études techniques et à la sécurisation immédiate de certains points noirs.
Si le montant global n’a pas été officiellement détaillé, l’enveloppe mobilisée par l’AFD et l’Union européenne représente un investissement stratégique de plusieurs dizaines de milliards de francs CFA, signe d’un engagement durable.
Pour le Gabon, cet accord ouvre la voie à un réseau ferroviaire plus sûr, plus moderne et enfin à la hauteur de ses ambitions économiques.