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Justice

LE COMMUNIQUÉ DE SYLVIA BONGO ET NOUREDDIN VALENTIN : UNE RÉPONSE SOUS DRAPEAU FRANÇAIS QUI ATTISE LA COLÈRE DES GABONAIS

LE COMMUNIQUÉ DE SYLVIA BONGO ET NOUREDDIN VALENTIN : UNE RÉPONSE SOUS DRAPEAU FRANÇAIS QUI ATTISE LA COLÈRE DES GABONAIS
Le communiqué conjoint publié par Sylvia Bongo et Noureddin Bongo Valentin au lendemain de leur condamnation par la Cour criminelle spécialisée continue de susciter un vif débat au Gabon.

Sur la forme comme sur le fond, ce texte de deux pages, présenté sous un drapeau français, est largement perçu comme une provocation et un affront symbolique à l’État gabonais.


Dès les premières secondes, un détail frappe le lecteur : l’emblème tricolore, habituellement absent des communications officielles liées à des affaires impliquant des ressortissants gabonais. Pour une large partie de l’opinion, ce choix graphique ne relève pas de l’innocence. Il introduit un malaise profond : celui d’une ancienne Première Dame et de son fils répondant à la justice de leur pays sous les couleurs d’une autre nation. Dans un contexte marqué par des révélations sur leur double nationalité, ce geste apparaît aux yeux de certains comme une manière de revendiquer implicitement une appartenance étrangère et de se distancer du Gabon au moment même où ils sont appelés à rendre des comptes.


Sur le fond, le communiqué s’inscrit dans une stratégie de contestation frontale. Sylvia Bongo et Noureddin Valentin dénoncent un procès « expéditif », « incohérent », marqué selon eux par des irrégularités de procédure. Ils affirment n’avoir « jamais rien volé » à l’État gabonais et rejettent catégoriquement les faits de détournement de fonds publics qui leur sont imputés. Une ligne de défense offensive, centrée sur une remise en cause globale du système judiciaire gabonais.


Mais cette posture ne trouve guère d’écho favorable. Au contraire, elle réveille la colère d’une population longtemps éprouvée par la précarité, les inégalités et la concentration des richesses autour du cercle présidentiel. Dans un pays où la majorité peine à accéder à des services essentiels, la négation catégorique de toute responsabilité par des figures longtemps associées au pouvoir passe difficilement. Beaucoup y voient un discours déconnecté de la réalité, et une tentative de minimiser un système de privilèges dont ils auraient largement bénéficié.


La tonalité du texte, empreinte de victimisation, n’arrange rien. Les auteurs se disent privés de leurs droits, jugés dans des conditions injustes, exposés à une pression politique… mais n’expriment ni empathie envers le peuple gabonais, ni reconnaissance des souffrances accumulées durant des années de gouvernance contestée. À aucun moment le communiqué ne tente d'apaiser, d’expliquer ou de se situer moralement. Tout est construit pour renverser la charge : eux seraient les victimes d’une machine judiciaire arbitraire.


Dans ce contexte, la publication de ce communiqué sous le drapeau français prend des allures de symbole politique. Pour de nombreux Gabonais, il illustre une fracture désormais consommée entre les anciens dirigeants et la nation qu’ils prétendent défendre. Alors que le pays tente d’ouvrir une nouvelle page de son histoire, cette prise de parole apparaît comme un geste de défi à la justice, aux institutions et, plus largement, au peuple.


En définitive, ce communiqué n’aura pas contribué à restaurer l’image de ses signataires. Il aura au contraire galvanisé l’indignation, nourri les interrogations sur leur loyauté nationale et rappelé, pour beaucoup, les blessures encore vives d’une époque dont ils incarnent, à tort ou à raison, les dérives les plus profondes.

Par Rédaction TV+ AFRIQUE

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