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PRODUIRE LOCAL

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Le poulet importé, très présent dans les restaurants et les ménages gabonais, pourrait bientôt disparaître des assiettes.

Le poulet importé, très présent dans les restaurants et les ménages gabonais, pourrait bientôt disparaître des assiettes. Le gouvernement a annoncé vouloir stopper les importations d’ici janvier 2027, afin de favoriser la production locale. Une décision ambitieuse qui suscite à la fois espoir et inquiétude. Pour beaucoup, le compte à rebours est lancé.


Dans les rues animées de Libreville, le poulet importé reste encore le roi des menus. Dans les restaurants et les marchés, on le retrouve grillé, braisé ou frit, souvent accompagné de riz ou de banane plantain. Ce plat savoureux, parfois surgelé et venu du Brésil, des États-Unis ou d’Afrique du Sud, est un régal pour les consommateurs modestes. Son rapport qualité-prix a longtemps fait sa popularité.



 


Le poulet importé, le roi des menus


Mais ce poulet « made in ailleurs » vit peut-être ses derniers jours au Gabon. Le gouvernement veut désormais que les consommateurs aient du poulet estampillé “made in Gabon” à se mettre sous la dent.


Rencontrée dans un petit restaurant du centre-ville, Mireille, une habituée, partage son avis :


« Je préfère plus manger celui qu’on produit ici, au pays. Parce que celui qu’on importe, souvent ça dure en chemin et parfois le sang coule. On ne sait pas quels produits ils mettent à l’intérieur. Moi, je trouve que c’est mieux de manger ce qu’on produit ici, chez nous, au Gabon. »


Cette volonté de « manger bio » et de consommer local est de plus en plus partagée. Beaucoup de Gabonais rêvent de savourer un poulet frais, bien doré, au goût authentique.


« J’étais déjà au Cameroun, j’ai mangé du poulet là-bas, frais. Le poulet du Cameroun et celui du Gabon n’ont pas le même goût. Donc j’imagine que chez nous aussi, ce sera meilleur »


poursuit Mireille avec un sourire.


Dans les supermarchés, les étiquettes affichant « origine Brésil » ou « origine USA » seront bientôt remplacées par du poulet local croustillant, directement issu des fermes gabonaises. Un changement qui met l’eau à la bouche mais qui fait aussi grincer des dents certains consommateurs.


 


Un poulet qui vient de loin coûte souvent moins cher que celui au Gabon


Joseph, père de famille, reste prudent :
« Le gouvernement fait bien de vouloir nous faire consommer local, mais est-ce que le poulet de chair va être à la portée de tous les ménages ? C’est la vraie question »
Il ajoute :


« Ils doivent revoir le prix, parce qu’un poulet qui vient de loin coûte souvent moins cher que celui produit ici »


En effet, le pays dépense chaque année entre 300 et 450 milliards de francs CFA pour importer des aliments, dont une grande partie concerne le poulet. Le gouvernement veut changer cette donne en construisant des fermes modernes à travers tout le territoire. L’objectif est de sécuriser la production et atteindre l’autosuffisance avant 2027.


Mais le défi est immense. Produire localement demande des infrastructures, des formations et un suivi de qualité. Pour certains experts, le pays avance sur le fil du rasoir. 


 


Cuisiner un poulet 100 % gabonais, tendre et savoureux


D’ici là, les consommateurs attendent de voir si les promesses se concrétiseront. Dans les restaurants, les chefs cordons bleus espèrent bientôt cuisiner un poulet 100 % gabonais, tendre et savoureux.


« Quand on aura notre propre poulet, ce sera une fierté nationale »


lance un restaurateur enthousiaste. Entre espoir et prudence, le pays se prépare à tourner la page du poulet importé.


 

Par Pamphile EBO

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