PEUT-IL ÊTRE BATTU ?
Alassane Ouattara, au pouvoir depuis 2011, s’avance ce samedi 25 octobre 2025 vers un quatrième mandat présidentiel en Côte d’Ivoire, fort d’une machine électorale bien huilée et d’une opposition en miettes. Près de neuf millions d’Ivoiriens sont appelés aux urnes aujourd’hui entre 8 h et 18 h, dans un scrutin que beaucoup jugent sans suspense, tant le président sortant semble en position de force. À 83 ans, le chef de l’État n’a jamais paru aussi proche de conserver son fauteuil, porté par un rouleau compresseur politique que rien ne pourra empêcher de tourner.
Face à lui, quatre seconds couteaux tentent tant bien que mal de tirer leur épingle du jeu : Jean-Louis Billon, dissident du PDCI, l’ancienne Première dame Simone Gbagbo, le souverainiste Ahoua Don Mello et Henriette Lagou, candidate « modérée ». Mais aucun ne semble avoir l’étoffe d’un véritable rival. Leurs campagnes, sans moyens ni ferveur, peinent à exister dans un champ libre que le pouvoir s’est méthodiquement taillé.
« Le scrutin paraît joué d’avance, les candidats capables d’offrir résistance étant hors jeu »
analyse Gilles Yabi, politologue ouest-africain.
L’ancien président Laurent Gbagbo et le banquier international Tidjane Thiam, tous deux écartés pour des raisons judiciaires ou administratives, ont été court-circuités avant même le départ. De quoi provoquer la colère de leurs partisans, qui dénoncent une « mainmise » du régime sur les institutions. Le pouvoir, lui, assume sa main de fer : manifestations interdites, dizaines d’arrestations, et plus de 44 000 membres des forces de l’ordre déployés pour
« protéger le pays du désordre »
Dans les rues d’Abidjan, les partisans en délire du RHDP célèbrent déjà la victoire annoncée. Les journaux proches du pouvoir parlent de « triomphe », tandis que l’opposition mise sur le taux de participation, véritable juge du scrutin.
« Ceux qui n’iront pas voter auront fait choux blanc »
lance un militant pro-Ouattara.
Pour beaucoup, le bilan parle : une croissance soutenue, des infrastructures modernisées, mais aussi des inégalités criantes et une jeunesse frustrée. Certains redoutent que cette élection n’achève d’enterrer politiquement une opposition en chute libre, anéantie par quatorze ans d’un pouvoir bien installé.
Si le petit poucet de cette course croit encore au miracle, la plupart des observateurs s’attendent à un
« coup K.O »
dès le premier tour.