CARTES D’ÉLECTEURS D’ÉLÈVES UTILISÉES À LEUR INSU
À Tchibanga, une affaire de fraude électorale prend des airs de baril de poudre au sein du lycée Nazaire Boulingui. Des images amateur filmées à l’aide d’un téléphone portable ont révélé une scène stupéfiante : deux hommes, visiblement pris en flagrant délit, sont assis comme des accusés dans ce qui semble être un bureau ou un domicile. Autour d’eux, des dizaines de cartes d’électeurs jonchent le sol, les chaises blanches en plastique et même des sièges de bureau noirs. L’un des hommes, en débardeur blanc, affiche un regard hagard. Estomaqués, les témoins assistent à une scène hallucinante où une voix s’écrie “la magouille !” pendant qu’un autre lance : “je mets ça dans le groupe”
Ces cartes d’électeurs, appartenant à des lycéens,étaient sur le point d’être utilisées pour établir des procurations sans leur consentement pour le compte du second tour des élections législatives qui ont lieu de 11 octobre 2025. La supercherie aurait été orchestrée par un membre influent du lycée, avec la complicité présumée de certaines personnes de l’administration publique. Une fuite aurait permis de découvrir le pot aux roses, mettant à nu une véritable mafia électorale.
Sur les vidéos, des discussions vives fusent : “on n’a brutalisé personne”, “donnez-moi mon téléphone”, ou encore “ministère de l’Intérieur”, preuve de la tension qui est à son paroxysme. On y voit un des accusés compter les cartes, pendant que des jeunes hommes, parfois torse nu et pieds nus, encagoulés comme des moudjahidines assistent à la scène, visiblement choqués. Les images parlent d’elles-mêmes. Cette tentative de manipulation du processus électoral montre à quel point certains sont prêts à tout pour détourner la démocratie. Les enquêtes vont être lancées. Mais qui sera sanctionné ? Dans un pays où l'impunité est érigée en mode de gestion.