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POURQUOI ÉCHAPPENT-ILS ?

POURQUOI ÉCHAPPENT-ILS ?
Malgré les nombreuses opérations de recensement, les fonctionnaires fantômes continuent de hanter l'administration gabonaise.

Malgré les nombreuses opérations de recensement, les fonctionnaires fantômes continuent de hanter l'administration gabonaise. En 2024, un audit a permis d’identifier plus de 13 000 agents publics en situation d’abandon de poste. Pourtant, beaucoup continuent de percevoir leurs salaires sans jamais se présenter.


Le 25 octobre 2024, le gouvernement a lancé une nouvelle campagne de recensement, exigeant une présence physique des agents publics. L’objectif était de nettoyer les fichiers et stopper les paiements indus. Après tri, le nombre de fantômes est descendu à 9 000. Mais des milliers restent introuvables, parfois installés à l’étranger, en France, au Cameroun, au Maroc, en Afrique du Sud et ailleurs aux Etats-Unis.


Comment ces agents parviennent-ils à toucher leurs salaires depuis l’extérieur ? Les soupçons se tournent vers des complicités internes : services des ressources humaines, informatiques, voire des liens familiaux ou politiques. Certains ont profité de congés maladie pour disparaître durablement.


Ce phénomène n’est pas nouveau. En 2010, déjà, 707 faux agents avaient été radiés. En 2018, une opération similaire dans l’Estuaire avait identifié 6 500 cas. En 2025, le ministère de l'Éducation nationale révèle à son tour l’absence de 756 agents, certains disparus depuis 1998.


 


Salaires sans service : comment les fonctionnaires fantômes passent encore entre les mailles du filet


A ce qui semble, les fonctionnaires fantômes persistent dans l’administration gabonaise en raison de la complicité entre certains agents chargés des audits et les responsables administratifs. Ce qui fausse les résultats. La faiblesse des systèmes de gestion des ressources humaines empêche une traçabilité efficace des effectifs. Le manque de mise à jour régulière des bases de données facilite l’inclusion de noms fictifs. Enfin, la corruption généralisée permet à ces pratiques de perdurer. En effet, les sanctions sont inexistantes et les auteurs jouissent souvent d’une impunité totale. Ces failles structurelles et institutionnelles rendent les contrôles inefficaces, et laissent les fonctionnaires fantômes continuer à percevoir des salaires indûment.


Le système semble trop facilement manipulable, avec des chaînes de validation fragiles. Les responsables administratifs pointés du doigt promettent des sanctions. Mais au fil des années, le problème persiste.


Cette chasse aux fantômes interroge : pourquoi les contrôles échouent-ils toujours ? Qui protège ces agents ? Et surtout, combien de temps encore l’État pourra-t-il financer des salaires fictifs pendant que des milliers de jeunes attendent d’être recrutés ?


 


 

Par Pamphile EBO

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