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POURQUOI ABANDONNENT-ILS ?

POURQUOI ABANDONNENT-ILS ?
Trois semaines seulement après une reprise des cours en demi-teinte, le système éducatif gabonais traverse déjà un nouveau passage à vide.

Trois semaines seulement après une reprise des cours en demi-teinte, le système éducatif gabonais traverse déjà un nouveau passage à vide. L'engagement massif d’enseignants dans la campagne électorale pour les élections législatives et locales fait tâche d'huile. Certains sont eux-mêmes candidats, d’autres mobilisés comme agents électoraux. Le résultat frôle la catastrophe. De nombreuses classes tournent au ralenti, quand elles ne sont pas tout simplement désertées.


Pour les responsables d’établissement, c’est une équation difficile à résoudre.


« Ce n’est pas une sinécure »


confie un directeur d’école publique. 


« Nous avons des élèves dispersés, l’ambiance n’est pas au beau fixe, et les élèves, encore une fois, payent un lourd tribut » 


Face à cette situation, les parents d’élèves montent au créneau. Ils redoutent un retard scolaire irrattrapable. Sachant que dans bon nombre de ces établissements, il y a un manque d'enseignants de mathématiques, de physique, de SVT et souvent de Français. 


« Pendant la présidentielle, les élèves avaient été mis en vacances pour permettre le bon déroulement du scrutin. Pourquoi pas cette fois-ci ? »


questionne une mère, le goût amer. Cette dernière dénonce un système éducatif à deux vitesses.


Car pendant que l’école publique tisse du mauvais coton, les établissements privés et confessionnels poursuivent sereinement leurs activités. Un constat alarmant qui relance une fois de plus le débat sur les inégalités scolaires, devenu un point d’achoppement régulier dans les discussions entre syndicats et autorités.


Pour certains observateurs, l’école publique est devenue le maillon faible du système. Et dans ce contexte, la tutelle est dans le collimateur.


« Il est temps que la ministre Camélia se saisisse de cette question épineuse »


martèle un syndicaliste. Mais pour l’instant, le ministère de l’Éducation nationale maintient le calendrier en l’état, dans l’attente d’une communication officielle.


Tandis que la politique semble passer comme un rouleau compresseur sur les bancs de l’école, l’éducation publique, elle, reste au second plan. 




Par Pamphile EBO

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