ÉCRAN NOIR
C’est une pilule amère que les Gabonais ont dû avaler. Mardi soir 9 septembre 2025, alors que tout le pays retenait son souffle pour suivre le match tant attendu entre les Panthères du Gabon et les Éléphants de Côte d’Ivoire, un écran noir de 45 minutes a plongé deux millions de téléspectateurs dans l’incompréhension et la colère.
Tension à son paroxysme, frustration nationale, et un sentiment d’avoir été trahis. À Libreville comme à Franceville, les supporters se sont cassé les dents devant leurs postes, tandis que la première mi-temps du match se jouait à haute intensité au stade de la Rénovation sans eux.
Moins de 24 heures après cet incident, le ministre de la Communication et des Médias, Paul-Marie Gondjout, a convoqué les responsables de Télédiffusion du Gabon. Il n’a pas fait dans la dentelle :
« On est vraiment gêné d’avoir mis nos compatriotes dans cette situation, face à un événement aussi important. Ce n’est pas une explication que de dire "l’antenne a bougé". Ça, ce n’est pas sérieux »
Une colère froide. Le ministre a tapé du poing sur la table, exigeant un rapport détaillé et des preuves tangibles pour comprendre cette défaillance technique, qualifiée de « bévue monumentale ».
« Ce match, on l’a préparé depuis des semaines. Gabon Télévision a sorti des millions pour le diffuser. Télédiffusion du Gabon a torpillé tout ce travail. 45 minutes, ce n’est pas une erreur, c’est un sabordage»
Sous cette épée de Damoclès, les responsables sont désormais sur la sellette. Le couperet pourrait tomber rapidement. L’opinion publique, chauffée à blanc, garde en travers de la gorge cet incident qui entache l’image des médias publics.
Avec la prochaine rencontre contre le Burundi le 13 octobre, tous les regards sont désormais tournés vers les autorités. Le Gabon n’a plus droit à l’erreur. Il faudra redresser la barre, et vite.