tvplusafrique

Economie

41 MILLIARDS CFA D’IMPORTATION

41 MILLIARDS CFA D’IMPORTATION
Pour la première fois depuis son indépendance en 1960, le pays vient d’homologuer trois variétés locales de riz, inscrites au tout premier catalogue national des semences.

Le Gabon amorce un virage historique dans sa politique agricole. Pour la première fois depuis son indépendance en 1960, le pays vient d’homologuer trois variétés locales de riz, inscrites au tout premier catalogue national des semences. Une avancée importante, portée par le ministère de l’Agriculture et saluée par l’ensemble des acteurs du secteur.


Cet arrêté ministériel, fraîchement signé, est l’aboutissement de plus de sept années de recherches menées par des scientifiques gabonais engagés à développer des variétés de riz adaptées aux réalités pédoclimatiques du pays. Les résultats sont là : des essais concluants, des rendements prometteurs et surtout, une volonté politique affirmée de changer la donne.


« Aujourd’hui, on a notre arrêté. C’est le tout premier catalogue national des variétés du Gabon, le premier depuis les indépendances. Pendant que d’autres en sont à leur vingtième ou centième édition, nous posons enfin notre première pierre »


confie un chercheur du projet.


Chaque année, le Gabon importe plus de 95 000 tonnes de riz pour un coût dépassant les 41 milliards de francs CFA. Une facture lourde, révélatrice d’une dépendance alimentaire que le pays ne peut plus se permettre, selon le commissaire général du Centre national de la recherche scientifique et technologique.


« Développer notre propre agriculture est une priorité. Il s’agit non seulement de nourrir la population, mais aussi de sécuriser notre économie. Le Président Brice Clotaire Oligui Nguema a clairement inscrit cette ambition dans son projet de développement national »


affirme-t-il.


Le projet consiste à faire du Gabon un leader dans la production de semences de qualité en Afrique centrale. Pour y parvenir, l'État mise sur des partenariats stratégiques, notamment avec le PENSAF (Programme national de soutien à l’agriculture familiale).


« Ce partenariat va nous permettre d’estimer les besoins logistiques et humains, et surtout d’accompagner le processus pour que la production de riz passe rapidement à une échelle industrielle »


précise un cadre du ministère.


La date du lancement officiel de la production à grande échelle reste à déterminer. Toutefois, le gouvernement ne reculera devant aucun effort pour atteindre l’autosuffisance alimentaire, non seulement dans le secteur des céréales, mais aussi dans l’ensemble de la chaîne agricole.


Au-delà de l’aspect technique, c'est pour la première fois que le pays reconnaît officiellement des variétés agricoles développées localement, par des chercheurs gabonais, pour les agriculteurs gabonais.


La balle est désormais dans le camp des acteurs du terrain : producteurs, distributeurs, techniciens et institutions devront conjuguer leurs efforts pour transformer cette décision politique en succès agricole durable.

Par Pamphile EBO

Top Articles